Analyse/Les médicaments de la rue tuent ! Tel est la ritournelle que nous avons pour habitude d’écouter durant les campagnes de sensibilisations contre une réalité qui non seulement est la source de nombreux problèmes de santé publique, mais menace également considérablement la croissance économique des pays africains en particulier, parce que si le phénomène est mondial, le continent africain est selon l’organisation mondiale de la santé, celui où se pratique le plus la vente de ce que nous appelons notamment en Afrique subsaharienne "médicaments de la rue", mais que l’organisation mondiale de la santé appelle plutôt "médicaments de qualité inférieures ou falsifiées."
Une même réalité appelée de différentes manières, pour traduire le caractère dangereux de ces médicaments toujours commercialisés malgré tout, sur des espaces marchands d’Afrique subsaharienne. Si comme le précise un article publié en Juillet 2019 sur le site internet du quotidien le monde, les termes utilisés par l’OMS sont plus adaptés aux enjeux de santé publique, étant donné que l’ancien terme employé était « contrefaçon », pour dire qu’il s’agissait de médicaments qui ne sont pas conformes aux normes de qualité, en Afrique subsaharienne par contre, et au Cameroun en particulier, les populations ont fait le choix d’adopter le terme "médicaments de la rue", non pas par insouciance ou par inconscience, mais parce qu’elles sont tout à fait conscientes des enjeux de la commercialisation de ces médicaments aux origines douteuses dans la santé de l’Homme, même si le fait qu’ils soient toujours commercialisés malgré les multiples efforts de sensibilisations dit carrément le contraire.
"Médicaments de la rue" est donc l'adaptation contextuelle d’une réalité universelle qui tient compte de ce qui est non seulement sorti des circuits formels de ventes de médicaments, mais également ceux d’origines douteuses, que plusieurs ont fait le choix de commercialiser dans les rues ou mieux encore, au vue et au su de tous le monde, malgré les efforts de sensibilisations et de répressions. En effet, comme le précisait en 2019 le président de l’ordre des pharmaciens du Togo aux journalistes du quotidien le monde, « l’Afrique subsaharienne concentre toutes les vulnérabilités qui vont favoriser les médicaments de qualité inférieures ou falsifiées : la faiblesse de la gouvernance des systèmes de santé, une offre de soins et un maillage des pharmacies sur le territoire insuffisant, l’existence d’un marché parallèle quasiment toléré, et la pauvreté des populations », sont la raison d’être de la commercialisation des "médicaments de la rue", qui bien qu’étant considérés comme dangereux par les experts, demeurent parce que le peuple a en partie choisi qu’il en soit ainsi malgré tout, car si les autorités faisaient uniquement le choix de ne pas tenir compte de ces avis favorables assumés, les opérations musclées auraient sûrement considérablement amenuiser le taux de prévalence de cette activité mercantile en société. Le mal perdure donc parce que les populations d’Afrique subsaharienne notamment, ont fait le choix d’adopter les médicaments de la rue, parce qu’elles estiment que ce sont des médicaments efficaces. Et c’est là que se trouve toute la confusion. En effet, face aux avis d’experts qui encouragent les États à éradiquer ce fléau des rues d’Afrique subsaharienne notamment, la persistance de leur commercialisation dans les rues, due en partie au fait que les populations continuent de les acheter dans les rues, pose un problème qui se justifie en partie par le faible pouvoir d’achat des populations, et parce que plusieurs médicaments issus des circuits formels de la commercialisation se retrouvent dans les rues ou dans ces points de ventes informels, reconnus comme étant des lieux de commercialisation des médicaments aux origines douteuses, ou ceux dont on a pas la certitude de la certification, parce que ceux qui les achètent, se contentent très souvent de l’avis des revendeurs qui peuvent parfois être des points de vues émis uniquement dans le but de faire des bonnes affaires. Comme pour dire que même si des médicaments de qualité peuvent se trouver dans des points de ventes informels et illégaux, pour être sûre de la qualité des médicaments achetés, il vaut mieux se rendre dans les points de ventes agréés qui ne sont autre que les pharmacies, car en allant se ravitailler dans les rues, la possibilité d’acheter des médicaments potentiellement dangereux est énorme, car on n'en sait ni l’origine, et encore moins la qualité. En effet, s’ils sont nombreux ceux qui disent avoir été satisfait après avoir acheté un médicament dans la rue, cela ne certifie pas toujours que ce soit un médicament de qualité, même en tenant compte du fait qu’il y a des médicaments issus du circuit formel de commercialisation qui se retrouvent dans des points de ventes informels de médicaments aux origines douteuses. Une manière de dire que si ces médicaments peuvent tuer, ils peuvent également être tout à fait efficaces, dans la mesure où il y des personnes qui trouvent satisfaction après les avoir acheté et consommé, parce que tout ce qui est commercialisé dans la rue n’est pas forcément de mauvaise qualité. Et c’est justement cette satisfaction qui pousse plusieurs acheteurs à revenir qui favorise cette confusion qui se traduit notamment par la persistance de la présence de ces "médicaments de la rue" ou ceux commercialisés à des points de ventes de médicaments aux origines douteuses. Comme pour dire qu’ils ne sont pas dangereux, alors qu’ils le sont en réalité, dans la mesure où ceux qui les vendent, n’ont reçu aucune certification, et n’ont pas une autorisation formelle de vendre ces produits potentiellement dangereux. Ce qu’ils vendent donc aux consommateurs n’ont été autorisé par aucunes autorités compétentes, même si certains médicaments issus du circuit formel de la vente de médicaments peuvent s’y retrouver. De plus, même si on peut y trouver des médicaments de qualité, ce ne sont pas des endroits appropriés pour ce genre de médicaments, car le fait de trouver des médicaments de qualité et très bien référencés dans ces points de ventes illicites, est une manière de confondre les consommateurs ou les amener à adopter des choix de proximité douteux et moins coûteux, qui sont certes satisfaisants, mais qui peuvent avoir un terrible revers, surtout quand on ne connait pas réellement la composition de ce qui est acheté par les consommateurs, malgré les propos rassurants de certains revendeurs qui ne sont pas les voix les plus autorisées pour s'exprimer sur le sujet. L'interdiction de la commercialisation de ces médicaments aux origines douteuses dans les rues est donc une manière pour les autorités compétantes, d’amener les consommateurs à prendre leur responsabilités, et ne pas consommer n’importe quoi, même si la recrudescence de ces médicaments sur des espaces marchands malgré les interdictions, semble donner le sentiment d’une hésitation qui s’explique peut-être par le fait qu’il y a des personnes qui se ravitaillent dans des points de ventes agréés pour revendre d’une part, et parce que les autorités compétentes sont conscientes du fait que les populations n’ont pas toujours les moyens de s’acheter des médicaments en pharmacies, et se trouvent donc parfois contraintes de chercher des médicaments qui attaquent les mêmes causes dans des marchés de proximité où sont vendus à moindre coût et même en détail, des médicaments aux origines douteuses, contrairement à ce qui est fait en pharmacie d’autres part.