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"Médicaments de la rue" : Un substantif qui prête à confusion !

mluemsa Par Le 09/05/2023 à 10:52 0

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Santé

S’ils sont nombreux ceux qui disent avoir été satisfait après avoir acheté un médicament dans la rue, cela ne certifie pas toujours que ce soit un médicament de qualité, même en tenant compte du fait qu’il y a des médicaments issus du circuit formel de commercialisation qui se retrouvent dans des points de ventes informels de médicaments aux origines douteuses. Image : static.allodocteurs.fr

Analyse/Les médicaments de la rue tuent ! Tel est la ritournelle que nous avons pour habitude d’écouter durant les campagnes de sensibilisations contre une réalité qui non seulement est la source de nombreux problèmes de santé publique, mais menace également considérablement la croissance économique des pays africains en particulier, parce que si le phénomène est mondial, le continent africain est selon l’organisation mondiale de la santé, celui où se pratique le plus la vente de ce que nous appelons notamment en Afrique subsaharienne "médicaments de la rue", mais que l’organisation mondiale de la santé appelle plutôt "médicaments de qualité inférieures ou falsifiées."

Une même réalité appelée de différentes manières, pour traduire le caractère dangereux de ces médicaments toujours commercialisés malgré tout, sur des espaces marchands d’Afrique subsaharienne. Si comme le précise un article publié en Juillet 2019 sur le site internet du quotidien le monde, les termes utilisés par l’OMS sont plus adaptés aux enjeux de santé publique, étant donné que l’ancien terme employé était « contrefaçon », pour dire qu’il s’agissait de médicaments qui ne sont pas conformes aux normes de qualité, en Afrique subsaharienne par contre, et au Cameroun en particulier, les populations ont fait le choix d’adopter le terme "médicaments de la rue", non pas par insouciance ou par inconscience, mais parce qu’elles sont tout à fait conscientes des enjeux de la commercialisation de ces médicaments aux origines douteuses dans la santé de l’Homme, même si le fait qu’ils soient toujours commercialisés malgré les multiples efforts de sensibilisations dit carrément le contraire.

"Médicaments de la rue" est donc l'adaptation contextuelle d’une réalité universelle qui tient compte de ce qui est non seulement sorti des circuits formels de ventes de médicaments, mais également ceux d’origines douteuses, que plusieurs ont fait le choix de commercialiser dans les rues ou mieux encore, au vue et au su de tous le monde, malgré les efforts de sensibilisations et de répressions. En effet, comme le précisait en 2019 le président de l’ordre des pharmaciens du Togo aux journalistes du quotidien le monde, « l’Afrique subsaharienne concentre toutes les vulnérabilités qui vont favoriser les médicaments de qualité inférieures ou falsifiées : la faiblesse de la gouvernance des systèmes de santé, une offre de soins et un maillage des pharmacies sur le territoire insuffisant, l’existence d’un marché parallèle quasiment toléré, et la pauvreté des populations », sont la raison d’être de la commercialisation des "médicaments de la rue", qui bien qu’étant considérés comme dangereux par les experts, demeurent parce que le peuple a en partie choisi qu’il en soit ainsi malgré tout, car si les autorités faisaient uniquement le choix de ne pas tenir compte de ces avis favorables assumés, les opérations musclées auraient sûrement considérablement amenuiser le taux de prévalence de cette activité mercantile en société. Le mal perdure donc parce que les populations d’Afrique subsaharienne notamment, ont fait le choix d’adopter les médicaments de la rue, parce qu’elles estiment que ce sont des médicaments efficaces. Et c’est là que se trouve toute la confusion. En effet, face aux avis d’experts qui encouragent les États à éradiquer ce fléau des rues d’Afrique subsaharienne notamment, la persistance de leur commercialisation dans les rues, due en partie au fait que les populations continuent de les acheter dans les rues, pose un problème qui se justifie en partie par le faible pouvoir d’achat des populations, et parce que plusieurs médicaments issus des circuits formels de la commercialisation se retrouvent dans les rues ou dans ces points de ventes informels, reconnus comme étant des lieux de commercialisation des médicaments aux origines douteuses, ou ceux dont on a pas la certitude de la certification, parce que ceux qui les achètent, se contentent très souvent de l’avis des revendeurs qui peuvent parfois être des points de vues émis uniquement dans le but de faire des bonnes affaires. Comme pour dire que même si des médicaments de qualité peuvent se trouver dans des points de ventes informels et illégaux, pour être sûre de la qualité des médicaments achetés, il vaut mieux se rendre dans les points de ventes agréés qui ne sont autre que les pharmacies, car en allant se ravitailler dans les rues, la possibilité d’acheter des médicaments potentiellement dangereux est énorme, car on n'en sait ni l’origine, et encore moins la qualité. En effet, s’ils sont nombreux ceux qui disent avoir été satisfait après avoir acheté un médicament dans la rue, cela ne certifie pas toujours que ce soit un médicament de qualité, même en tenant compte du fait qu’il y a des médicaments issus du circuit formel de commercialisation qui se retrouvent dans des points de ventes informels de médicaments aux origines douteuses. Une manière de dire que si ces médicaments peuvent tuer, ils peuvent également être tout à fait efficaces, dans la mesure où il y des personnes qui trouvent satisfaction après les avoir acheté et consommé, parce que tout ce qui est commercialisé dans la rue n’est pas forcément de mauvaise qualité. Et c’est justement cette satisfaction qui pousse plusieurs acheteurs à revenir qui favorise cette confusion qui se traduit notamment par la persistance de la présence de ces "médicaments de la rue" ou ceux commercialisés à des points de ventes de médicaments aux origines douteuses. Comme pour dire qu’ils ne sont pas dangereux, alors qu’ils le sont en réalité, dans la mesure où ceux qui les vendent, n’ont reçu aucune certification, et n’ont pas une autorisation formelle de vendre ces produits potentiellement dangereux. Ce qu’ils vendent donc aux consommateurs n’ont été autorisé par aucunes autorités compétentes, même si certains médicaments issus du circuit formel de la vente de médicaments peuvent s’y retrouver. De plus, même si on peut y trouver des médicaments de qualité, ce ne sont pas des endroits appropriés pour ce genre de médicaments, car le fait de trouver des médicaments de qualité et très bien référencés dans ces points de ventes illicites, est une manière de confondre les consommateurs ou les amener à adopter des choix de proximité douteux et moins coûteux, qui sont certes satisfaisants, mais qui peuvent avoir un terrible revers, surtout quand on ne connait pas réellement la composition de ce qui est acheté par les consommateurs, malgré les propos rassurants de certains revendeurs qui ne sont pas les voix les plus autorisées pour s'exprimer sur le sujet. L'interdiction de la commercialisation de ces médicaments aux origines douteuses dans les rues est donc une manière pour les autorités compétantes, d’amener les consommateurs à prendre leur responsabilités, et ne pas consommer n’importe quoi, même si la recrudescence de ces médicaments sur des espaces marchands malgré les interdictions, semble donner le sentiment d’une hésitation qui s’explique peut-être par le fait qu’il y a des personnes qui se ravitaillent dans des points de ventes agréés pour revendre d’une part, et parce que les autorités compétentes sont conscientes du fait que les populations n’ont pas toujours les moyens de s’acheter des médicaments en pharmacies, et se trouvent donc parfois contraintes de chercher des médicaments qui attaquent les mêmes causes dans des marchés de proximité où sont vendus à moindre coût et même en détail, des médicaments aux origines douteuses, contrairement à ce qui est fait en pharmacie d’autres part.

Tout ce qui est vendu dans la rue est toujours mal vu, et jugé sur la base des apparences qui exposent les propriétaires de ces points de ventes illégaux, aux effets dévastateurs des descentes musclées qui visent non seulement à protéger la santé des consommateurs, mais éviter également que les pharmacies connaissent des pertes à cause de la présence de ces circuits informels. Image : le monde.fr - SIA KAMBOU/AFP

Mais tant qu’on ne dispose pas d’une autorisation de vente, le doute et la confusion persisteront toujours. C’est la raison pour laquelle, nombreux sont ces experts en médecine naturelle et traditionnelle qui font le choix d’avoir des autorisations de ventes ou plus précisément d’inscrire leurs activités dans un cadre formel. Ils ne prescrivent pas sans avoir fait des examens, surtout pour des traitements qui nécessitent un suivi très particulier. En effet, s’il y a des médicaments qui sont vendus uniquement sur ordonnance, pour dire que le client est suivi par un expert, le fait d’adopter des mesures visant à ne pas vendre certains médicaments n’importe comment et n’importe où, donne plus de crédibilité à l’exercice d’une activité qui nécessite de se désolidariser des autres manières de faire qui prêtent à confusion, parce que pour des multiples raisons qui n’ont pas raisons d’être, plusieurs ont fait le choix de continuer de commercialiser des médicament d’origines douteuses ou falsifiés qui ne doivent pas être jugés uniquement sur la base des apparences ou sur le fait que tout le monde est témoin de leur présences dans les rues. En effet, en plus de l’interdiction pour défaut d’autorisation de vente, un contrôle est également de rigueur, car quand on veut interdire la vente d’un produit alimentaire, on ne se contente pas de dire que c’est parce qu’il est vendu dans la rue, mais parce qu’on a la preuve formelle qu’il a des composants dangereux, et parce qu’on a la preuve qu’il est issus d’un circuit dangereux qui nécessite une destruction immédiate qui ne doit pas se faire sur la base de rien ou des apparences, mais sur la base de plusieurs faits avérés, car il ne s’agit pas uniquement de stopper ce qui crée un manque à gagner aux circuits formels de la commercialisation des médicaments, et notamment l’économie d’un pays. Il s’agit également de faire en sorte que les médicaments de qualité, ne se retrouvent plus dans les rues, car ce sont des réalités de ce genre qui prêtent aussi à confusion. Les mairies ne doivent donc plus encourager cette confusion en se contentant de prélever des taxes aux vendeurs de ces produits, mais s’assurer avec le concourt de toutes les autres autorités compétentes que ceux qui exercent ces acrivités ont des autorisations, car c’est tout le monde qui est concerné. Quand on se contente tout juste de prélever de l’argent à ceux à qui on interdit d’être là de manière formelle, c’est une manière de fermer les yeux sur le sujet ou de reconnaitre que ce sont des médicaments qui sont quand même efficaces. Et même s’il ne faut pas douter de la potentielle véracité de ce point de vue particulier, il faut toujours tenir compte du fait que les points informels de ventes de médicaments dans les rues, ne sont pas des lieux appropriés pour la vente des médicaments de qualité, car tout ce qui est vendu dans la rue est toujours mal vu, et jugé sur la base des apparences qui exposent les propriétaires de ces points de ventes illégaux, aux effets dévastateurs des descentes musclées qui visent non seulement à protéger la santé des consommateurs, mais éviter également que les pharmacies connaissent des pertes à cause de la présence de ces circuits informels dans des contextes où les activités du secteur informel jouent un très grand rôle dans le produit intérieur brut des pays en voie de développement, et ceux à revenus intermédiaires. Une réalité qui n’enlève rien au fait que "les médicaments de la rue" ou plus précisément ceux vendus dans des cadres informels sont potentiellement dangereux, parce que les experts sont formels : ces médicaments sont dangereux. Et ce ne sont pas des déclarations qui se basent sur des apparences, mais sur un ensemble d’analyses de faits tangibles ayant amenés aux conclusions selon lesquels, la plupart de ces médicaments sont fabriqués sans principes actifs, ou avec d’autres principes actifs que ceux devant être normalement utilisés. C’est ainsi qu’un antidiabétique a été retrouvé en Mars 2019 dans un médicament contre l’hypertension au Cameroun. C’est dire qu’on ne dit pas que les médicaments sont dangereux uniquement sur la base du fait qu’ils sont présents dans les rues ou dans des points de ventes non agréés, mais à la suite des investigations sérieuses, car il est tout à fait possible d’y trouver des médicaments de qualité, même si ce n’est pas une raison pour encourager la vente de ces médicaments potentiellement dangereux dans la mesure où en plus de leurs origines douteuses, il y a la mauvaise conservation, et le manque de formation des vendeurs, qui exposent les potentiels clients à des morts certaines. 

Selon l’organisation mondiale de la santé, un médicament contrefait est celui dont "l’identité et/ou l’origine est délibérément et frauduleusement falsifiée, qu’il s’agisse de produit de marque déposé ou de générique."

Considérés pour certains comme le meilleur moyen de recouvrer la santé non seulement du fait de leur proximité, mais aussi de leur coûts abordables, "les médicaments de la rue" sont un bienfait de circonstance dont le substantif mérite d’être mieux appréhendé pour être en mesure de faire preuve de plus de responsabilités et éviter pour ainsi dire les amalgames véhiculées par des rumeurs pouvant prêter à confusion.

Littéralement et même de manière basique, le médicament c’est ce qui permet de recouvrer la santé, et la rue, une voie de circulation. En associant les deux mots de façon à obtenir un groupe de mots bien évidemment en prenant en compte l’article la et la préposition de, nous nous rendons compte de deux choses : premièrement, il s’agit d’un ensemble de produits qui ne font pas ou plus partie du circuit réglementaire de fabrication et de commercialisation de médicaments. Deuxièmement, ce sont des produits qui appartiennent à la rue. Et puisque la rue comme objet matériel ou infrastructurel au sens propre ne peut pas produire des médicaments, nous concluons en disant qu’il s’agit certainement au sens figuré, d’un ensemble de produits qui ont soit par un moyen frauduleux quittés le milieu conventionnel pour se retrouver dans un autre non conventionnel, ou soit, des médicaments fabriqués et commercialisés frauduleusement, dans des établissements non certifiés, puis acheminés et commercialisés frauduleusement dans les rues.

Lire aussi : Médecine de qualité : entre charlatanisme et imposture, une cure et un discernement s'imposent

Selon l’organisation mondiale de la santé, un médicament contrefait est celui dont « l’identité et/ou l’origine est délibérément et frauduleusement falsifiée, qu’il s’agisse de produit de marque déposé ou de générique. » Mais le simple fait qu’ils se retrouvent dans la rue suffit-il pour certifier qu’ils sont contrefaits ou alors dangereux pour la santé ? Pas du tout, pour deux raisons : premièrement, si nous prenons en compte le fait qu’un produit de qualité puisse se retrouvé frauduleusement dans la rue, on ne peut pas dire que ce produit est dangereux pour la santé. Deuxièmement, dans les pays où le secteur informel est la principale source de revenus des citoyens, plusieurs personnes font le choix de se ravitailler dans les points de ventes conventionnels pour approvisionner ou revendre en périphéries ou dans des villages. À cela il faut ajouter les produits fabriqués à base de plantes naturelles, qui sont eux aussi vendus dans les rues ou par des commerciaux ambulants. Si « le médicament de la rue tue », ce n’est pas simplement parce qu’il se retrouve dans la rue. La rue n’a jamais fait de mal à personne. Ce sont les Hommes qui profitent de la rue pour faire leurs mauvaises besognes. La rue et le médicament doivent être disculpés et l’Homme condamné, s’il fait le choix d’y vendre des produits dangereux ou potentiellement dangereux. On ne peut pas arrêter une personne en se basant uniquement sur le fait qu’elle vend des produits dans la rue, sans s’assurer de savoir si ces produits sont bons ou mauvais. Le secteur informel doit d’avantage être soutenu, afin qu’il puisse lui aussi à son tour, véritablement contribuer à l’éradication des faux médicaments dans les rues avec l’aide des consommateurs responsables, qui ont également droit à des médicaments de qualité et à moindre coût. Au lieu de dire "médicaments de la rue", il serait mieux de dire, médicaments contrefaits, ou médicaments d'origines douteuses.  

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