« Cette route n’est pas seulement un chemin. C’est une voie vers le progrès, la prospérité, et l’espoir pour nos enfants… »
Là ou la route passe, le développement suit. Nous connaissons tous cet aphorisme qui conditionne la croissance économique et le bien être social des populations d’un Territoire, à la mise en œuvre et l’entretien progressif des infrastructures de transports. Nous connaissons tous cet énoncé, qui traduit un degré de satisfaction qui ne se limite plus au niveau des promesses abstraites d’un projet à venir qui tarde à voir le jour, mais va au-delà de cette réalité chimérique pour mettre en œuvre de manière concrète, un projet qui permet aux populations de voir l’avenir avec optimisme. Nous savons également à quel point la réalisation d’une nationale, une régionale, une départementale, ou une communale peut amener les populations à voir l’avenir avec un optimisme qui signale en fonction du contexte géographique, la fin ou l’assouplissement de plusieurs décennies de calvaires, dans des Terroirs et villages jadis très éloignés du bitume.
Mais ce que nous ne comprenons pas toujours, c’est pourquoi autant de temps pour désenclaver un réseau routier ? Pourquoi avec tant de potentialités économiques, plusieurs projets routiers sont toujours à la traine ? Pourquoi la réalité du quotidien des populations vivant dans certaines agglomérations et Terroirs aux rues et routes enclavées et en mauvais états, donne le sentiment que ceux qui ont la responsabilité de servir les intérêts du peuple, font plutôt de contraire de ce pourquoi ils ou elles ont été nommés et/ou élus ?
L’une des raisons qui explique cette réalité déconcertante, est peut être liée à l’âge de la république du Cameroun. Une indépendance acquise en 1960 qui fait du pays un État âgé de 66 années, soit plus de six décennies de constructions et de rénovations qu’il faut le dire, ont tout de même permit d’atteindre des résultats satisfaisants, même s’il faut dire que ce qui a été réalisé, ne représente absolument rien, par rapport à ce qui reste à faire.
« Les premières routes au Cameroun datent de la période coloniale. Depuis les indépendances, les pouvoirs publics ont mis sur pied un réseau routier moderne. Quoique louable, ces initiatives n’ont pas résolues le problème de désenclavement de l’arrière-pays et des centres urbains qui sont encore moins desservis. Ainsi, les embouteillages et les accidents de circulations font partie du lot quotidien des usagers de la route. L’entretien des routes requiert d’énormes capitaux. Pour que l’investissement s’amortisse au moment opportun, la maintenance des infrastructures routières et leurs préservations par les usagers devraient être respectées. Or, force est de constater qu’au Cameroun, ce n’est toujours pas le cas. » Leoni Djike Dongmo/ Nkafu policy institute – 20 Décembre 2016
Contrairement aux vielles civilisations qui ont eu plus de temps, et plus de moyens techniques et financiers pour se construire, et même se reconstruire notamment après la deuxième guerre mondiale, les États africains sont pour la plupart des jeunes Territoires indépendants, dont l’acquisition des souverainetés signifiait le début d’une nouvelle ère, qui devait nécessairement être caractérisée par une mise en valeur entre autre du potentiel routier, afin de favoriser la croissance d’un ensemble d’économies aux potentialités multiples.
Et puisque tout ne peut pas être fait d’un coup, il fallait donc comme d’habitude se fixer des priorités. Raison pour laquelle, tandis que certaines tranches de la population nationale utilisaient avec enthousiasme les axes routiers jugés prioritaires par les gouvernements de l’époque, d’autres étaient encore dans l’attente d’un jour où le bitume arriverai dans leur localités, qui continuaient de croupir dans un enclavement rébarbatif, synonyme de calvaire et de sous-développement.
Et parmi ces populations qui attendaient la lumière du jour après plus de 65 années, nous avons les populations de Yoko, dans le département du Mbam et Kim, situé dans la région du Centre, dont la satisfaction du premier magistrat à la suite de l’inauguration de la nationale Batchenga-Ntui-Yoko-Lena-Tibati financé par la Banque africaine de développement, traduit notamment la satisfaction de ces populations qui voient désormais l’avenir autrement.
« Grâce à la construction de la route Batchenga-Ntui-Yoko, nos activités agricoles, commerciales, et entrepreneuriales connaissent un nouvel essor. Cette route a transformé notre quotidien. Elle nous a facilité l’accès au marché. De plus, les femmes de Yoko ont bénéficiées de formations en gestions de ressources et d’entreprises, ce qui a permis d’améliorer et de rentabiliser nos compétences. Nous sommes désormais mieux outillés pour contribuer activement à la prospérité de notre région. » Agnès Attah. Présidente du réseau des femmes de Yoko
Mais construire une route ne suffit pas; il faut encore que la réalisation d’un tel projet soit durable. En effet, selon les experts, une route de qualité peut durer 10 à 20 années, avec les travaux de rénovations constants, qui sont d’une extrême importance car si de tels actes ne sont pas posés au cours du temps ou de manière progressive, il est clair que l’enclavement ou le calvaire d’antan, refera surface plus tôt que prévu. Il faut donc davantage multiplier les efforts sur le plan des réhabilitations et de l’élargissement des réseaux routiers où les besoins se font sentir, car en plus de susciter la satisfaction des usagers, une route de qualité permet également à l’État de faire des économies car, vue la cherté du coût des constructions d’une route neuve, il vaut mieux prendre soin des routes, de manière progressive.
« Les travaux de réhabilitation et d’élargissement se situent dans une fourchette intermédiaire. Sur les sections : Maroua-Moutourwa, Magada-Guidiguis, guidiguis-yagoua, les coûts oscillent autour de 498 millions de F CFA par kilomètres. Ces montants confirment une tendance observée dans de nombreux pays africains : réhabiliter une route existante coûte généralement 30% et 50% moins cher que construire une route neuve » Grands Chantiers du Cameroun – Édition de Mai 2026
La réalité actuelle des ruelles, rues et routes camerounaises, traduit concrètement le fait que sans entretien au cours du temps, le réseau routier est destiné à se détériorer progressivement, surtout dans nos sociétés où selon les géomorphologues, les constructions de routes doivent davantage tenir compte de l’intensité du trafic sur ces axes routiers prioritaires, en plus de la nécessité impérieuse de procéder régulièrement à des travaux de rénovations constantes, afin qu’une petite crevasse ne deviennent un nid de poule.
« Le climat est un facteur majeur dans la détérioration de nos routes et parkings en enrobé. Les variations de températures, les cycles de gel et dégel, ainsi que les fortes pluies peuvent endommager la structure même de l’enrobé. Les fissures apparaissent plus rapidement dans les régions où les écarts de températures sont importants (…) Un seul camion sollicite la chaussé autant que 2000 autos. Voilà pourquoi il est important de tenir compte de la densité du trafic avant de concevoir une route. La durée de vie d’une route est de 10 à 20 années, à condition de boucher les fissures. » Via Patch
Dix à vingt années, à condition de boucher les fissures. C’est dire que plusieurs de nos axes routiers qui aujourd’hui ont plus d’une trentaine d’années, et qui s’apparentent à des espaces réservés à des courses d’obstacles, sont dans un tel état, parce qu’on en a pas pris soin comme il se doit. C’est dire qu’on, en parlant du gouvernement, a plus pensé au présent, sans toutefois se préoccupé de ce qu’elles deviendraient dans l’avenir. Conséquences, des rues et axes routiers délabrées, qui sont une des raisons du mécontentement des transporteurs camerounais qui récemment, après une concertation avec des membres du gouvernement qui de l’avis du président du syndicat national des transporteurs routiers du Cameroun, le président du syndicat national des conducteurs routiers du Cameroun, et le vice-président du groupement des transporteurs terrestres du Cameroun, était satisfaisante. D’où leur choix de lever leur mot d’ordre de grève, à la suite des promesses qui leur ont été faites, et notamment celles liées à la rénovation des routes de plusieurs axes routiers du Territoire nationale.