Étant donné qu’il s’agit d’un ensemble d’établissements ayant la responsabilité de contribuer au bien-être des camerounais en particulier, ce sont des établissements de santé ouverts à tout le monde, mais qui profitent des limites ou des désagréments observables chez d’autres, pour augmenter leur clientèle. Et même si en construisant leurs établissements de santé, certains promoteurs ciblent une population particulière, c’est toujours parce qu’ils veulent proposer un service de qualité supérieure, en profitant notamment des limites d’autres établissements de santé. Et l’un des points particuliers sur lequel la plupart d’entre eux insistent, c’est la propreté, parce qu’il y a des établissements de santé au Cameroun qui n’ont rien à envier aux espaces marchands qui côtoient les environnements insalubres au quotidien. Et si vous dites à un camerounais de basse classe de ne pas y aller, il vous répondra en disant que s’il n’y va pas, il ira où ? Il ira dans cet établissement de santé insalubre, parce que c’est un endroit où les prix sont quand même abordables. S’il faut dire que c’est en effet également pour ce genre de personnes que certains établissements de santé publiques et privés ont été créés ou construits, il faut également dire que la mauvaise allure de plusieurs d’entre eux, contribue à amener certaines personnes à douter de la qualité du service qui y est procuré. Et c’est notamment la raison pour laquelle, certains directeurs d’établissements de santé, insistent sur la propreté, conscients que c’est sur ce point particulier, que plusieurs de leur collègues propriétaires d’établissements de santé se penchent, pour se bâtir une meilleure image.
Et si certains établissements de santé font payé indirectement à leur clients l’entretien de ces espaces, d’autres par contre, profitent de cela, pour améliorer l’allure et l’entretien de leurs espaces, sans toutefois faire payer aux clients l’entretien de ces locaux. Et c’est ainsi qu’ils arrivent à s’attirer les faveurs de certains clients, car un soin de santé à moindre coût, procuré dans un espace géographique où les conditions de vies sont difficiles, par des professionnels qualifiés, et dans un environnement agréable, n’est rien d’autre qu’un soin de santé de meilleure qualité.
Raison pour laquelle, même les établissements publiques du Cameroun qui avaient une réputation d’établissements hospitaliers sals, ont également fait énormément d’efforts dans ce sens, dans un Territoire où du fait de la demande sans cesse croissante, qui est elle-même liée à la croissance démographique, le nombre d’établissements de santé connait une croissance assimilable à celle des établissements scolaires clandestins. Et l’une des principales conséquences de cette croissance incontrôlée sur l’environnement, c’est la présence à certains dépotoirs d’ordures arbitraires ou non, des déchets médicaux issus de certains établissements de santé, dans un pays où certaines formations sanitaires se permettent de déverser leurs déchets médicaux aux mêmes endroits que les populations, en profitant du fait qu’il n’y ait pas une règlementation strict sur la collecte des déchets au Cameroun. En effet, puisque c’est un point de dépotoir d’ordures, n’importe qui vient y déverser ce qu’il veut, et ceux qui ont la responsabilité de ramasser, viennent tout simplement faire leur travail, alors qu’il ne devrait pas en être ainsi.
Le fait qu’un lieu bien précis soit connu comme un point de dépôt d’ordures, ne veut pas dire que tout le monde doit y déverser ses déchets n’importe comment. En effet, le fait que certaines ordures ménagères se trouvent dans des points de dépôts arbitraires, crée un problème de santé mentale. Et quand certains établissements de santé viennent encore y déverser leurs déchets, cela accroit encore ce problème de santé mentale, parce que si en principe, les usagers n’ont déjà pas le droit de déverser leurs ordures sur les trottoirs et chaussées, cette prohibition est multipliée au mois par deux, pour ceux de ces établissements de santé qui viennent déposer leurs déchets aux mêmes endroits que le reste de la population.
Même s’il n’est pas parfait, et aussi petit soit-il, sur la base de la superficie sur laquelle il s’étend, un établissement de santé symbolise le bien-être. C’est dire qu’il ne doit pas contribué à donner aux populations des problèmes de santé mentale, et même des maladies, car quand on sait que nombreux sont ceux qui passent de longues heures au cours d’une journée dans des dépotoirs d’ordures, pour y récupérer des objets, puis les revendre par la suite pour se faire de l’argent, il est clair qu’il peuvent être contaminé, s’ils ne sont pas vigilent car la plupart des déchets médicaux que nous avons eu à voir dans des dépotoirs d’ordures règlementaires et submergés par les ordures ménagères, n’étaient même pas emballés. Ils étaient déversés à l’air libre, comme s’il s’agissait d’épluchures de tubercules. Et c’est très inquiétant dans un Territoire où nombreux sont ces enfants qui déambules dans les points de dépôt d’ordures, pour y chercher des objets à revendre. Ils peuvent toucher ce qu’il ne faut pas, puisqu’ils ne sont pas protégés. Et s’ils tombent malade, mort peut s’en suivre, puisque leurs parents s’ils en ont, peuvent ne pas disposer des moyens nécéssaires pour des soins de santé.
Mais ce sont des choses qui ne peuvent pas arriver, quand il y a une réglementation strict, parce que même si certaines vieilles habitudes ont une peau très dure au Cameroun, les camerounais savent se montré sérieux, quand ils ont à faire à des choses sérieuses. Mais quand le laxisme donne l’impression que tout le monde peut se permettre de faire n’importe quoi, ils en profitent pour faire n’importe quoi, puisque c’est une situation qui leur permet non seulement de contribuer à empirer la situation, mais appelé également le gouvernement à prendre ses responsabilités.
Et même s’ils y en a qui choisissent des heures où personne ne les voient pour agir comme des brigands, il faut dire que les camerounais savent quand même respecter les interdictions. En effet, nous connaissons plusieurs espaces où la présence des signalétiques interdisant le déversement d’ordures, ont été respectées par les populations, non seulement parce qu’il y avait des peines de poursuites judiciaires, mais également des amandes à payer. Ce sont ces mêmes signalétiques qu’il faut mettre dans les points de dépotoirs « réglementaires », pour ceux de ces établissements de santé qui font le choix de venir perturber la santé mentale des populations. Ils n’en ont peut-être pas l’intention, mais cette action a une incidence négative dans la santé de nombreux camerounais.
L’état de délabrement avancé de certaines formations sanitaires, est une réalité qui a développé dans l’esprit des populations la conception stéréotypée selon laquelle, c’est uniquement les formations sanitaires males entretenues qui sont mieux adaptées pour les couches les plus vulnérables de la société.
Plusieurs établissements de santé ont du mal à entretenir leurs locaux et gérer convenablement les déchets issus de leur activité génératrice de revenus. Quelles soient privées ou publiques, dans la légalité ou dans la clandestinité, les mauvaises méthodes et habitudes affichées par certaines d’entre elles montrent à quel point le manque de motivation et de planification, peut amener un service à être uniquement axé sur le patient et la quête du gain, tout en reléguant en arrière-plan ou n’accorder aucune importance à un point tout aussi important qui n’est autre que l’assainissement de l’espace de travail et ses environs. S’il fallait en effet respecter scrupuleusement les normes sanitaires, le nombre d’établissements de santé qui traverserait les mailles du régulateur serait ahurissant. L’application stricte de la loi dans un contexte où la demande est de très loin supérieure à la qualité et la quantité de services offerts, aura des conséquences catastrophiques sur le plan social.
On ne peut pas prévoir la construction d’un centre de santé, et ne pas planifié son entretien ainsi que la gestion des déchets. L’assainissement de l’espace est indispensable dans la production des soins de qualité. Si nous ne sommes pas pour la fermeture d’un établissement de santé, même quand il mériterait de l’être, nous encourageons plutôt une amélioration du système de gestion des déchets et d’assainissement, afin que la prise en charge ne se limite pas seulement au niveau de l’Homme, mais prenne aussi en compte son environnement.