Assainissement des formations sanitaires et gestion des déchets hospitaliers au Cameroun.

mluemsa Par 0

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Un soin de santé à moindre coût, procuré dans un espace géographique où les conditions de vies sont difficiles, par des professionnels qualifiés, et dans un environnement agréable, n’est rien d’autre qu’un soin de santé de meilleure qualité. Image: ecomatin.net – Jean Omer Eyango – Février 2026

Analyse/« Un endroit où vous pouvez arriver en bonne santé, et sortir avec une maladie. » C’est la définition d’une formation sanitaire selon un infirmier que nous avons eu à rencontrer dans un établissement de santé il y 16 ans. Selon lui en effet, le mauvais entretien des enceintes, et la mobilité récurrente des patients et de leur proches, favorisaient la contraction des bactéries à la base de plusieurs pathologies prisent en charge dans cet établissement hospitalier de cinquième catégorie. Il ne fallait donc pas selon lui, s’y comporter comme si on était chez soi, car même si les portes d’un hôpital ou d'un établissement de santé sont ouvertes à tout le monde, il est tout à fait possible selon lui, de sortir de cet établissement hospitalier, avec la cause d’une maladie à venir.

Mais peut-on encore tenir le même discours aujourd’hui ? Si avant ils étaient déjà nombreux ceux qui déploraient l’état de délabrement, et le caractère insalubre de plusieurs établissements de santé au Cameroun, il faut dire qu’aujourd’hui, la tendance est à la baisse. Et pour parvenir à un tel constat, pas besoin d’une étude statistique. Il suffit juste d’être un auditeur silencieux, et un observateur averti, afin de se faire son avis sur la base de preuves tangibles. En effet, après seize années, il n’y a pas uniquement eu des améliorations. Il y a également eu des progrès.

Si les améliorations se situent au niveau de ceux de ces établissements de santé qui prennent plus au sérieux le fait de maintenir leur milieux de travail propres, il faut dire que les progrès pour leurs parts, se situent au niveau de la création des établissements de santé de référence, et les travaux de rénovations de plusieurs d’entre eux, qui ont notamment permis au public de voir que quand il y a de la volonté, il est tout à fait possible de faire de très belles choses, dans ces établissements de santé qui de prime à bord, sont des espaces sensés contribué au bien-être des patients sur tous les plans. En effet, celui ou celle qui fait le choix de se rendre dans un établissement hospitalier, s’y rend parce qu’il espère y trouvé une solution à son problème, et non pas en sortir avec un autre. Et plusieurs établissements de santé aujourd’hui, de par leur allure, encourage plusieurs personnes à s’y rendre, parce que les enceintes sont très bien entretenues.

En 2009, insatisfait à cause du mauvais état de son bureau, un médecin faisait savoir à un des plus proches collaborateurs du directeur de l’établissement, qu’il ne faut pas qu’il soit surpris que certains patients les abandonnent, pour aller chercher des solutions à leurs problèmes de santé ailleurs. « Regardez mon bureau ! » Déclarait-il avec amertume! Ils sont en effet nombreux ceux pour qui la mauvaise allure des enceintes d’un établissement de santé, suffit pour y aller ou ne pas y aller. Mais il s’agit beaucoup plus de ceux qui ont les moyens de se payer des services dans des établissements de santé qui proposent des services de meilleures qualité, dans des espaces mieux entretenus. C’est dire que malgré le fait qu’un établissement de santé se caractérise notamment par un savoir-faire de qualité en plus de proposer des services de qualité à des prix plus abordables, il attire beaucoup plus certaines couches sociales, et beaucoup moins d’autres, notamment parce que ses enceintes sont males entretenues, ou pas du tout entretenues. Si en effet certains établissements de santé sont ceux où se rendent plus les couches les plus basses de la société, d’autres par contre, sont plus fréquentées par ceux qui occupent les strates supérieures de la société. En effet, conscients des limites du système de santé qui les a formé ou qui a contribué à faire d’eux ce qu’ils sont, certains professionnels de la santé qui disons-le, « ont un peu », créent des établissements de santé au sein desquels, ils proposent un service de meilleure qualité, qui a également cette particularité d’être plus dispendieux.

Il y a des établissements de santé au Cameroun où quand vous y allé, vous pouvez être amené à dire directement ceci : ça c’est un hôpital pour les « pauvres », ou un hôpital pour les « riches ». Image:datacameroon.com – Aurélien Kanouo Kouénéyé – Juin 2024

Il est clair que ce n’est pas celui qui vit dans la précarité et dans un environnement insalubre qui ira dans ce type d’établissement, s’il n’est pas soutenu financièrement par d’autres personnes. Le premier reflex d’une telle personne qui veut vraiment se rendre dans un établissement de santé, c’est de se rendre dans un espace dont l’état de délabrement s’assimile sensiblement aux conditions de vies dans lesquelles il vit, parce qu’en plus du fait que cet établissement en question se caractérise notamment par un personnel qualifié, les prix des services qu’il propose, s’ajustent quand même au niveau de certaines basses classes de la société. Et c’est une chose que tout le monde connait parce qu’il y a des établissements de santé au Cameroun où quand vous y allé, vous pouvez être amené à dire directement ceci : ça c’est un hôpital pour les « pauvres », ou un hôpital pour les « riches ».

Et c’est notamment pour ne plus donné une telle impression que plusieurs efforts ont été entrepris dans certains établissements de santé, afin que les patients aient à leur disposition un personnel de qualité, qui travaille dans des espaces biens entretenus et ayant pour but d’inciter les patients à ne pas aller chercher ailleurs ce qu’ils peuvent également avoir dans un établissement de santé dont la qualité des rénovations voudrait dire que les « riches » comme les « pauvres », ont les mêmes droits.  Et c’est également sur ce point précis que se traduit le caractère concurrentiel de la qualité des relations qui existent entre les établissements de santé.  

Il y a des établissements de santé au Cameroun qui n’ont rien à envier aux espaces marchands qui côtoient les environnements insalubres au quotidien. Image :actucameroun.com/Liliane Ndangue – Juillet 2024

Étant donné qu’il s’agit d’un ensemble d’établissements ayant la responsabilité de contribuer au bien-être des camerounais en particulier, ce sont des établissements de santé ouverts à tout  le monde, mais qui profitent des limites ou des désagréments observables chez d’autres, pour augmenter leur clientèle. Et même si en construisant leurs établissements de santé, certains promoteurs ciblent une population particulière, c’est toujours parce qu’ils veulent proposer un service de qualité supérieure, en profitant notamment des limites d’autres établissements de santé. Et l’un des points particuliers sur lequel la plupart d’entre eux insistent, c’est la propreté, parce qu’il y a des établissements de santé au Cameroun qui n’ont rien à envier aux espaces marchands qui côtoient les environnements insalubres au quotidien. Et si vous dites à un camerounais de basse classe de ne pas y aller, il vous répondra en disant que s’il n’y va pas, il ira où ? Il ira dans cet établissement de santé insalubre, parce que c’est un endroit où les prix sont quand même abordables. S’il faut dire que c’est en effet également pour ce genre de personnes que certains établissements de santé publiques et privés ont été créés ou construits, il faut également dire que la mauvaise allure de plusieurs d’entre eux, contribue à amener certaines personnes à douter de la qualité du service qui y est procuré. Et c’est notamment la raison pour laquelle, certains directeurs d’établissements de santé, insistent sur la propreté, conscients que c’est sur ce point particulier, que plusieurs de leur collègues propriétaires d’établissements de santé se penchent, pour se bâtir une meilleure image.  

Et si certains établissements de santé font payé indirectement à leur clients l’entretien de ces espaces, d’autres par contre, profitent de cela, pour améliorer l’allure et l’entretien de leurs espaces, sans toutefois faire payer aux clients l’entretien de ces locaux. Et c’est ainsi qu’ils arrivent à s’attirer les faveurs de certains clients, car un soin de santé à moindre coût, procuré dans un espace géographique où les conditions de vies sont difficiles, par des professionnels qualifiés, et dans un environnement agréable, n’est rien d’autre qu’un soin de santé de meilleure qualité.

Raison pour laquelle, même les établissements publiques du Cameroun qui avaient une réputation d’établissements hospitaliers sals, ont également fait énormément d’efforts dans ce sens, dans un Territoire où du fait de la demande sans cesse croissante, qui est elle-même liée à la croissance démographique, le nombre d’établissements de santé connait une croissance assimilable à celle des établissements scolaires clandestins. Et l’une des principales conséquences de cette croissance incontrôlée sur l’environnement, c’est la présence à certains dépotoirs d’ordures arbitraires ou non, des déchets médicaux issus de certains établissements de santé, dans un pays où certaines formations sanitaires se permettent de déverser leurs déchets médicaux aux mêmes endroits que les populations, en profitant du fait qu’il n’y ait pas une règlementation strict sur la collecte des déchets au Cameroun. En effet, puisque c’est un point de dépotoir d’ordures, n’importe qui vient y déverser ce qu’il veut, et ceux qui ont la responsabilité de ramasser, viennent tout simplement faire leur travail, alors qu’il ne devrait pas en être ainsi.

Le fait qu’un lieu bien précis soit connu comme un point de dépôt d’ordures, ne veut pas dire que tout le monde doit y déverser ses déchets n’importe comment. En effet, le fait que certaines ordures ménagères se trouvent dans des points de dépôts arbitraires, crée un problème de santé mentale. Et quand certains établissements de santé viennent encore y déverser leurs déchets, cela accroit encore ce problème de santé mentale, parce que si en principe, les usagers n’ont déjà pas le droit de déverser leurs ordures sur les trottoirs et chaussées, cette prohibition est multipliée au mois par deux, pour ceux de ces établissements de santé qui viennent déposer leurs déchets aux mêmes endroits que le reste de la population.

Même s’il n’est pas parfait, et aussi petit soit-il, sur la base de la superficie sur laquelle il s’étend, un établissement de santé symbolise le bien-être. C’est dire qu’il ne doit pas contribué à donner aux populations des problèmes de santé mentale, et même des maladies, car quand on sait que nombreux sont ceux qui passent de longues heures au cours d’une journée dans des dépotoirs d’ordures, pour y récupérer des objets, puis les revendre par la suite pour se faire de l’argent, il est clair qu’il peuvent être contaminé, s’ils ne sont pas vigilent car la plupart des déchets médicaux que nous avons eu à voir dans des dépotoirs d’ordures règlementaires et submergés par les ordures ménagères, n’étaient même pas emballés. Ils étaient déversés à l’air libre, comme s’il s’agissait d’épluchures de tubercules. Et c’est très inquiétant dans un Territoire où nombreux sont ces enfants qui déambules dans les points de dépôt d’ordures, pour y chercher des objets à revendre. Ils peuvent toucher ce qu’il ne faut pas, puisqu’ils ne sont pas protégés. Et s’ils tombent malade, mort peut s’en suivre, puisque leurs parents s’ils en ont, peuvent ne pas disposer des moyens nécéssaires pour des soins de santé.

Mais ce sont des choses qui ne peuvent pas arriver, quand il y a une réglementation strict, parce que même si certaines vieilles habitudes ont une peau très dure au Cameroun, les camerounais savent se montré sérieux, quand ils ont à faire à des choses sérieuses. Mais quand le laxisme donne l’impression que tout le monde peut se permettre de faire n’importe quoi, ils en profitent pour faire n’importe quoi, puisque c’est une situation qui leur permet non seulement de contribuer à empirer la situation, mais appelé également le gouvernement à prendre ses responsabilités.

Et même s’ils y en a qui choisissent des heures où personne ne les voient pour agir comme des brigands, il faut dire que les camerounais savent quand même respecter les interdictions. En effet, nous connaissons plusieurs espaces où la présence des signalétiques interdisant le déversement d’ordures, ont été respectées par les populations, non seulement parce qu’il y avait des peines de poursuites judiciaires, mais également des amandes à payer. Ce sont ces mêmes signalétiques qu’il faut mettre dans les points de dépotoirs « réglementaires », pour ceux de ces établissements de santé qui font le choix de venir perturber la santé mentale des populations. Ils n’en ont peut-être pas l’intention, mais cette action a une incidence négative dans la santé de nombreux camerounais.

L’état de délabrement avancé de certaines formations sanitaires, est une réalité qui a développé dans l’esprit des populations la conception stéréotypée selon laquelle, c’est uniquement les formations sanitaires males entretenues qui sont mieux adaptées pour les couches les plus vulnérables de la société.

Plusieurs établissements de santé ont du mal à entretenir leurs locaux et gérer convenablement les déchets issus de leur activité génératrice de revenus. Quelles soient privées ou publiques, dans la légalité ou dans la clandestinité, les mauvaises méthodes et habitudes affichées par certaines d’entre elles montrent à quel point le manque de motivation et de planification, peut amener un service à être uniquement axé sur le patient et la quête du gain, tout en reléguant en arrière-plan ou n’accorder aucune importance à un point tout aussi important qui n’est autre que l’assainissement de l’espace de travail et ses environs. S’il fallait en effet respecter scrupuleusement les normes sanitaires, le nombre d’établissements de santé qui traverserait les mailles du régulateur serait ahurissant. L’application stricte de la loi dans un contexte où la demande est de très loin supérieure à la qualité et la quantité de services offerts, aura des conséquences catastrophiques sur le plan social.

On ne peut pas prévoir la construction d’un centre de santé, et ne pas planifié son entretien ainsi que la gestion des déchets. L’assainissement de l’espace est indispensable dans la production des soins de qualité. Si nous ne sommes pas pour la fermeture d’un établissement de santé, même quand il mériterait de l’être, nous encourageons plutôt une amélioration du système de gestion des déchets et d’assainissement, afin que la prise en charge ne se limite pas seulement au niveau de l’Homme, mais prenne aussi en compte son environnement.  

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