La symbolique d’un recasement temporaire et d’une indemnisation, dans un climat de précarité ponctué par l’exercice torride de la loi

mluemsa Par Le 09/06/2023 à 20:37 0

Dans Éditoriaux

Éditorial

Vue aérienne d'une partie de la ville de Yaoundé/ source: freepik.com

Ils sont nombreux ceux qui prédisent que la prochaine guerre au Cameroun sera liée à la propriété foncière, si ce n’est pas encore le cas. Ont-ils raisons ou non ? Nous n’en savons rien ! Mais toujours est-il que les arguments et exemples sur lesquels ils se basent pour émettre ces points de vues ne sont surtout pas à négliger, dans un contexte géographique où tandis que certains peinent à se procurer légalement un lopin de terre pour des raisons financières et administratives, d’autres par contre, peuvent se permettre des superficies exorbitantes, qui poussent tout de même à se poser des questions, surtout quand des maisons d’habitations sont dévastées pour une cause d’utilité publique qui par la suite, s’avère ne pas être la véritable raison de cette incongruité, car nombreux sont ceux qui au nom du pouvoir et de l’argent, peuvent se permettre de traiter certaines tranches de la population comme elles veulent, sur un Territoire national où nous dit-on, la terre appartient aux populations, mais elle est gérée par l’État ; c’est-à-dire, une minorité de privilégiés élus et nommés, en vue de servir un peuple qui se demande très souvent si ces Hommes sont réellement à son service, surtout quand il se retrouve sans abris, à la suite de la mise en application torride d’une loi qui certes, s’impose à tous, mais qui est très souvent instrumentalisée par les plus fort, afin d’augmenter davantage la précarité de l’existence des plus pauvres, qui n’ont souvent que leurs yeux pour pleurer, face à des opérations de déguerpissements sans complaisances envers des citoyens camerounais qui ne demandent qu’à avoir un toit sur leur têtes, dans un contexte géographique où comme dans bien d’autres, l’accès à un logement décent, est un luxe que tout le monde ne peut pas se permettre.  

Une situation sociale difficile à la base d’un sentiment d’amertume très souvent accentué par le fait que face à un scénario aussi accablant où des milliers de camerounais se voient être dépossédés de tout du jour au lendemain pour « cause d’utilité publique », aucunes alternatives d’une extrême urgence ne leur sont proposées dans l’immédiat, par un gouvernement qui donne parfois le sentiment que peu lui importe que des citoyens camerounais soient traités comme des individus n’ayant aucun droits. En effet, la brutalité des démolitions ou opérations de déguerpissements, donnent parfois le sentiment que pour les autorités compétentes en de telles circonstances, la suite de l’existence des populations déguerpies importe peu ou pas du tout, peut-être parce que pour ces autorités compétentes, il s’agit d’un conglomérat d’indisciplinés qui méritent de subir la rigueur de la loi, comme si le fait de voir des rues bondées de personnes sans-abris est un scénario plaisant.

Si nous sommes en effet tous fières de voir une ville évoluée grâce notamment à plusieurs initiatives courageuses qui s'imposent ou s’imposaient, vue le caractère insalubre de certains lieux d’habitations, et même l’étroitesse dans laquelle cohabitent points de dépôt d’ordures arbitraires et constructions anarchiques, il faut tout de même dire qu’il est toujours judicieux de proposer des mesures alternatives et provisoires aux victimes, parce que ce sont non seulement des êtres humains, mais aussi des camerounais ayant des droits que ceux qui sont à la base des opérations de déguerpissements font très souvent mine d’oublier, surtout quand les périodes électorales ne sont pas imminentes. En effet, ces opérations de déguerpissements ne sont généralement jamais entreprises à l’approche des périodes électorales, mais bien après, parce que c’est une période où ceux qui veulent être élu, et ceux qui veulent se faire réélire, mettent tout en œuvre pour s’attirer les faveurs du peuple, sans toutefois détailler clairement leur projets d’aménagements qui impliquent au préalable, la destruction des maisons d’habitations d’un ensemble d’électeurs à la base d’une victoire ou d’une réélection. C’est quand la période des élections s’achève, qu’est mise en application l’exercice torride d’une loi sans pitié envers ceux qui ne sont pas en règles, et qui pour ces autorités compétentes en matière de déguerpissements, constituent un obstacle à un processus de modernisation qui devrait tout de même être accompagné de mesures provisoires apaisantes. Pourquoi ? Parce que les personnes à qui on a fait le choix de faire subir la rigueur de la loi en les dépossédant de tous leurs avoirs, sous prétexte qu’elles n’ont premièrement pas de papiers attestant qu’elles sont les réels propriétaires de ces espaces, et deuxièmement qu’elles n’ont pas ou plus du tout le droit d’être là pour des raisons d’utilités publiques entre autres, sont tout de même des Hommes ayant des droits. En effet, si ceux qui sont à la base des démolitions sont très souvent fières de mettre en avant le fait que ceux qu’ils forcent à quitter un endroit ou un autre n’ont pas de titre foncier ou de permit de bâtir, parce qu’ils savent que rien ne viendra contredire leurs déclarations, ce qu’ils ne disent pas aussi fièrement publiquement, c’est que le système auquel ils appartiennent, est en partie responsable de l’expansion de cette situation sociale accablante à laquelle ils ne doivent pas mettre un terme, sans toutefois manifester de manière concrète, des actes d’apaisements via des mesures alternatives et provisoires d’une extrême importance, sur un Territoire qui dispose d’un arsenal juridique et institutionnel pour protéger la dignité humaine qui n’est autre que le respect fondamental, inconditionnel et identique, dû à tout être humain, indépendamment de ses différences ou de sa situation sociale. En effet, tout le monde ou presque est fière de contempler la splendeur d’un aménagement qui embelli le milieu urbain ou rural. Le problème n’est pas la réalisation en elle-même, mais plutôt le préjudice causé aux victimes de cette réalisation ou de ce projet d’aménagement. La mise en application d’une compétence qui tient vraiment compte de la situation de toutes les couches sociales de la société, doit toujours s’accompagner d’alternatives permettant tout au moins aux victimes de se contenter d’une solution provisoire, insatisfaisante certes, mais utile. En effet, si tout aménagement est susceptible de laisser un goût amer, l’âcreté de ce goût peut tout au moins être amoindrie par des mesures concrètes visant à aider les victimes à se sentir concernées par un projet de développement qui nécessite un assentiment de circonstance qui cependant n’est pas gratuit, parce qu’après avoir été dépossédé d’un bien immobilier de manière consensuelles ou non, nombreux sont ceux qui auront besoin d’une assistante provisoire et immédiate que ceux qui sont à la base de la mise en application de la toute-puissance de la loi ne prennent presque jamais en considération, parce qu’ils s’évertuent tellement à faire imposer leurs droits, sans toutefois se préoccuper des conséquences sociales que leurs actes auront sur le quotidien des camerounais. Même si le fait de porter atteinte aux droits des populations pour une cause d’utilité publique peut s’expliquer par la mise en application d’une loi qui s’impose à tous, rien ne justifie l’usage de la toute-puissance de la loi pour exproprier des habitants, sans toutefois proposer des solutions alternatives. Agir de la sorte, c’est manifester un manque d’humanité qui constitue une entrave à l’une des libertés fondamentales d’un individu à savoir : le droit d’être logé. Une chose que la torride mise à exécution de la loi fait toujours le choix de ne pas tenir compte, parce qu’il faut atteindre des objectifs précis qui ne tiennent pas compte du sort de ceux qui sont à la base d’une croissance démographique en milieu urbain qui leur permet de mieux gagner leur vies, car même en milieu rural, nombreux sont ceux qui en fonction du contexte, et de la singularité de leur situation, ont le sentiment pour ne pas dire la certitude que pour eux, le milieu rural n’est pas l’endroit le plus favorable pour disposer du minimum nécessaire pour mieux survivre. En effet, la promiscuité, la précarité, la pauvreté, et la croissance démographique, au même titre que l’insalubrité en milieu urbain notamment, se justifient par le fait que les villes sont bondées de monde à la recherche d’un mieux-être, qu’ils et elles n’ont pas été en mesure d’avoir en milieu rural, et qu’ils et elles espèrent avoir dans un milieu urbain en constante évolution, parce qu’appelé à montrer un tout autre paysage au cours du temps, en fonction des moyens dont disposent les autorités compétences en matières d’aménagements, et qui se doivent de poser des actes politiques qui tiennent réellement compte des victimes des déguerpissements car agir sans complaisances, est une manière de dire aux déguerpis d’aller s’installer n’importe où mais pas ici ! C’est-à-dire, de rentrer dans leurs villages, tout en les incitants ou en les encourageant implicitement à aller s’installer en périphéries des grandes villes, et même dans des zones à risques s’ils le veulent, en attendant un prochain cataclysme naturel, ou un prochain exercice torride de la loi en périphérie de ces grandes agglomérations. Si en effet cet aveu d’échec non assumé, est un acte pouvant être assimilé à une manière de se moquer du sort des victimes, il traduit également et concrètement, le bas niveau d’attractivité des milieux ruraux, couplé à une incapacité des dirigeants à maintenir le plus de populations possibles sur ces périmètres géographiques d’une extrême importance dans le processus de croissance économique d’un État. Elles, en parlant de certaines de ces tranches de populations issues des milieux ruraux, se retrouvent donc dans de très grandes agglomérations, augmentant ainsi l’insalubrité et des actes inciviques, qui ne peuvent pas être uniquement réglés par des opérations de déguerpissements, mais par une mise en place croissante des mesures attractives en milieu rural, afin d’encourager davantage le plus grand nombre possible, et notamment les plus jeunes, à aller contribuer à la croissance économique du Territoire dans ces périmètres reculés riches en potentialités sous-exploités ou non exploités, notamment à cause de l’absence et l’insuffisance des moyens financiers, car s’il faut tout de même reconnaitre que grâce au processus de décentralisation qui est en cours, le transfert des compétences est rabâcher à tout bout de champ comme un slogan de campagne électorale, ce transfert ne s’accompagne pas toujours du transfert des ressources sans lesquels les élus ne peuvent pas mieux géré leurs localités. Et quand ces élus revendiquent leurs droits, on leur fait savoir que s’ils ont les compétences, cela signifie qu’ils doivent également cherché les ressources financières par eux-mêmes. Une chose qu’ils savent pertinemment, mais qui n’empêche pas qu’ils réclament leur droits à l’échelle du Territoire, car la mise en œuvre d’un ensemble de projets d’aménagements nécessite des moyens financiers considérables que les partenaires internationaux ne pourront pas totalement supportés. D’où l’importance des financement locaux, surtout dans un contexte où, à la suite d’une déclaration officielle du chef de l’État, les élus réclament toujours une cote part devant leur être allouée, et qui est toujours attendue ou ajournée, comme s’il s’agissait d’une promesse faite à la légère, juste pour gagner du temps ou se moquer de l’intelligence de certaines personnes, ou encore bâtir l’avenir sur des promesses qu’on a pas l’intention de mettre en application à temps, alors qu’on est au service d’un peuple qui attend beaucoup de nous, et qui a désormais pris pour habitude de le manifester vivement au cours des scrutins électoraux, car les populations ont un droit de vote qu’elles sont désormais déterminées à mieux faire valoir dans l’avenir, afin de manifester davantage leurs mécontentements envers leur dirigeants, car même si les camerounais en particulier ont la mauvaise habitude de construire n’importe où, et n’importe comment, leur cas ou leurs problèmes liés au logement et au foncier notamment, doivent être traités avec la plus grande attention possible, comme s’il s’agissait des victimes d’une catastrophe naturelle survenue sur une zone à risque où l’installation ne donne certes pas droit à des titres fonciers et des permis de bâtir, mais ne laisse tout de même pas les pouvoirs publics indifférents, non seulement parce que c’est tout le Territoire camerounais qui s’en trouve endeuillé, mais également parce que ce sont des camerounais qui se retrouvent dans une situation de précarité supplémentaire.

bbc Afrique – Image tirée d’un article écrit par Jean Charles Biyo’o Ella à Yaoundé et Armand Mouko - Octobre 2023

Nous nous souvenons encore comment des Élus firent l’effort de trouver un lieu d’habitation provisoire à des personnes ayant subies un sinistre dans leur territoires de compétences au Cameroun. Ces victimes et bénéficiaires de ces assistances urgentes et d’une extrême importance avaient-elles des titres fonciers ou des permis de bâtir ? Pas du tout ! Mais ces Élus ont agis de la sorte, parce qu’il s’agissait des personnes qui avaient urgemment besoin d’une assistance. Et c’est la même chose qu’il faut faire pour ceux qui sont déguerpis du jour au lendemain dans un contexte où l’État a largement montré qu’à défaut d’être en mesure de donner des solutions satisfaisantes et durables aux problèmes de tous les camerounais, il peut tout au moins proposer ou mettre en œuvre des mesures satisfaisantes et provisoires, afin de permettre aux populations d’être à l’abri des intempéries, en attendant d’avoir mieux, car le processus de modernisation d’un Territoire n’est pas seulement une affaire de quelque personnes, mais de tous les camerounais qui se doivent d’être traités avec beaucoup de sérieux, car être au service du peuple, c’est mettre en œuvre des actions politiques qui favorisent des meilleures conditions de vies aux populations. Traité des populations avec cruauté, c’est manifester à leur égard une indélicatesse qui dénote une réelle volonté de ne se préoccuper aucunement de leur situation présente, car seul importe, la mise en œuvre des actions politiques stratégiques, et rendre compte à une très haute personnalité Élue par un peuple qu’elle maltraite indirectement par l’entremise de certains ses collaborateurs, pour par la suite faire savoir au peuple qu’elle a procédé à des réalisations appréciables qu’on ne nie surtout pas, car plusieurs de ces réalisations ou actions politiques stratégiques sont tangibles, mais à quel prix ?

Image: pixabay/ Mleveill Décembre 2018

S’il faut y voir une certaine satisfaction qui s’assimile à des omelettes ne pouvant être faites sans casser les œufs, il faut tout de même tenir compte du fait que quand on manipule des œufs pour produire quelque chose de beau et d’agréable au goût en particulier, il faut vraiment penser au sort réservé aux coquilles qui ne doivent pas être rejeté n’importe où, mais plutôt à des endroits appropriés où elles seront prisent en charge par d’autres professionnels qui les achemineront où il faut, car gouverner c’est aussi prévoir ou planifier, en vue de moderniser le Territoire, tout en faisant tout de son possible, afin que les personnes sinistrées aient tout de même des conditions provisoires et satisfaisantes de vie, en attendant d’avoir un mieux par elles-mêmes, car les élus ont suffisamment montrés leur incapacités en se bornant à la réalisation des projets d’aménagements ne proposant aucunes alternatives digestes aux victimes, et aucun véritable acte de compassion à l’égard d’une situation déplorable vécue par des victimes d’un ensemble d’injustices orchestrées en partie par des personnes qui croient avoir tous les droits, au point de ne pas tenir compte du fait que ceux à qui ils font subir un ensemble de préjudices sociaux ont également des droits à faire valoir qui nous l’espérons, aboutiront à des dénouement satisfaisants pour des milliers, voire des millions de camerounais.

Et Même si des voies de recours sont envisageables dans des État dits de droit, il faut tout de même dire que l’exercice torride de la loi ou sa mise en application par des autorités compétentes, manque très souvent de décence : Délogé arbitrairement des populations sans les prévenir, c’est manquer d’humanité. Ajuster ses convenances uniquement au niveau de ceux qui ont de quoi monnayer, c’est se moquer de la loi. Refuser d’indemniser ou remettre à plus tard l’indemnisation des victimes d’expropriations pour cause d’utilité publique, tandis que le projet est en cours de réalisation, c’est faire preuve de cruauté. Construire des espaces marchands inaccessibles financièrement par plusieurs commerçants, c’est se focaliser uniquement sur un échantillon d’une population qui a sa part de responsabilité sur un désordre urbain qui nécessite des espaces marchands qui correspondent au porte-monnaie de toutes les couches sociales qu’il faut le dire, ont également la responsabilité pour ne pas dire l’obligation, non seulement de veiller à ce que ces espaces soient propres après chaque journées, mais aussi de payer une somme symbolique et hebdomadaire, pour la gestion de leurs ordures. En effet, s’il est plus facile d’accuser à raison l’État de ne pas être en mesure de bien gérer les ordures, il faut dire qu’en contribuant soi-même dans la gestion de ces ordures, et en contrôlant comment sont gérées ces contributions symboliques, cela permet toujours d’avoir la pleine mesure des énormes efforts qu’il reste à faire, aussi bien du coter du gouvernement que des populations elles-mêmes qui ont un droit de regard, sur la manière dont sont gérées leurs contributions consacrées à l’hygiène et la salubrité en milieux urbains et ruraux. 

Le désordre urbain et même rural n’est bon pour personne. C’est justement la raison pour laquelle, il y a des documents de planification urbaine tel que le plan directeur d’urbanisme, plan d’occupation du sol, le plan de secteur et autres. Une bonne planification accorde toujours une très grande importance à la difficulté que constituent les populations installées arbitrairement ou non, sur son domaine réservé à un projet d’aménagement d’utilité publique. Aménager ce n’est pas fermer les yeux sur le désordre urbain quand ça nous arrange, et les ouvrir quand ça ne nous arrange pas, et surtout quand on estime avoir les moyens financiers, humains et techniques de changer la physionomie du paysage. Le sérieux d’un aménagement dépend de trois critères : arriver à imposer son droit par des enseignements, des sensibilisations et des mesures fermes visant à amener les populations à comprendre ce que c’est qu’une zone non edificandi. Proposer des recasements provisoires aux sinistrés, aux victimes d’un délogement abusif ou aux expropriées, et enfin, aider les populations à se sentir concernées par le projet que nous avons entrepris. Un projet d’aménagement qui ne propose aucune alternative digeste aux victimes, et qui ne manifeste aucune compassion à l’égard d’une situation déplorable doit s’interroger sur sa fiabilité, surtout quand ceux à la base de ces initiatives, estiment que trouver des solutions réelles aux problèmes quotidiens des camerounais, est leur priorité.

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