La souveraineté des États sous l’emprise et l’influence des grandes puissances Économiques, Militaires et Technologiques

mluemsa Par Le 01/07/2023 à 06:23 0

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Éditorial

Peut-on encore parlé d’autonomie ou d’indépendance, quand certains États influents, peuvent se donné le malin plaisir d’outrepasser les normes de souveraineté internationales, pour satisfaire leurs intérêts disproportionnés ? Image: Pixabay/kampfmonchichi/Novembre 2023

Devenir indépendant : un objectif pour lequel plusieurs indépendantistes et nationalistes africains ont payés de leur sang, car ne voulant plus être à la solde des empires coloniaux dont le règne se caractérisait notamment par des actes déshumanisants qui portaient gravement atteinte à la dignité de la personne humaine.

Plus de soixante-six années plus tard, après le cycle des déclarations d’indépendances en Afrique sub-saharienne notamment, une question demeure d’actualité : les pays africains sont-ils vraiment indépendants ?

Pour les mouvements panafricanistes, la réponse est claire : « ils ne le sont pas. » Ils ont d’ailleurs conceptualisé ce qu’ils considèrent comme étant des simulacres d’indépendances, par le concept savant de néocolonialisme, qui traduit l’état d’une Afrique qui malgré l’atteinte d’une prétendue autonomie interne des États, à la suite d’une pléthore d’accompagnements paternalistes écœurants, demeure sous l’emprise et l’influence des anciens empires coloniaux très connus aujourd’hui sous l’appellation de « pays riches ».

Si ce point de vue panafricaniste, s’explique en partie par l’influence que les grandes nations du monde ont toujours eues à exercer sur celles des pays Africains où elles ont grandement bénéficiées des contrats très lucratifs, tandis que la corruption et les détournements de fonds public allaient en se multipliant, sur un Espace géographique dont les originaires, sont en partie responsables du retard de croissance de l’économie par rapport au reste du monde, il faut toutefois préciser que, ce point de vue factuel, qui traduit la réalité d’une phase transitoire devant menée à une autre forme d’influence géostratégique, est également en faveur d’une complémentarité juste et raisonnable, entre toutes les nations, dans un monde où aucun pays et aucune organisation régionale ou sous régionale, n’est appelée à évoluer en vase clos car être indépendant, ne signifie pas se couper de la scène internationale, ou rompre totalement des liens avec des alliés historiques qui peuvent malgré tout, nous apporter autant que nous pouvons leur apporter, dans un contexte de mondialisation et de néocolonialisme qui traduit clairement le fait que l’acquisition d’une indépendance ou d’un droit d’exister comme État sur la scène internationale, est le début de plusieurs autres processus d’affranchissements ou d’émancipations progressifs.

Et c’est selon nous, ce que le premier chef d’État camerounais Ahmadou Ahidjo avait déjà conscience. En effet, pour lui, la déclaration d’indépendance de son pays, ne traduisait pas un but totalement atteint, mais le début d’un tout autre cycle de combats qui devraient amener le Cameroun en particulier, et les États africains en général, à reprendre progressivement aux anciens empires coloniaux, ce qui leur revient de droit. C’est pourquoi selon nous, le jour de la déclaration d’indépendance du Cameroun, il a eu à dire ceci :

« Camerounais, camerounaises, le Cameroun est libre et indépendant. L’indépendance comme la liberté, est un bien qui se conquiert, et se reconquiert chaque jour. Et personne n’est de trop pour la défendre, la fortifier, la préserver de toutes ses forces, et de toutes son âme. Nous savons tous qu’il n’y a pas de dignité pour ceux qui attendent tout des autres. Nous savons que cette indépendance que nous venons d’obtenir, ne serait qu’un leurre, si nous ne pouvions l’assurer dans la réalité quotidienne. Nous sommes décidés à lui donner une existence qui ne soit pas seulement de façade. Nous serons jugés sur nos actes. Le monde attend de nous que nous lui fournissions la preuve de notre sérieux, de notre capacité à nous diriger nous-mêmes. Nous la lui donnerons car tous nous le voulons. »

Comme pour dire que le Cameroun en particulier, et les États africain en général, avaient encore du chemin à faire, dans un monde aux influences multiples, accentuées aujourd’hui par le phénomène de mondialisation, qui profite beaucoup plus aux pays développés, fortement industrialisés et émergeants. Un monde où la plupart des chefs d’États actuels, sont conscients du fait qu’ils dirigent des Territoires dont les populations consomment plus ce qu’elles ne produisent pas, parce que leurs économies, leurs armées, et leurs arrimage constant à la révolution technologique qui est en cours, dépendent fortement des grandes puissances économiques, militaires et technologiques, qui comme les « pays pauvres », évoluent dans un monde où la facilité avec laquelle, sous les ordres d’un chef d’État, l’armée d’un pays frontalier peut se permettre  d’entrer dans un autre, afin d’y semer le chaos, nous pousse à nous interroger sur la souveraineté des États. Peut-on encore parler d’autonomie ou d’indépendance, quand certains États influents, peuvent se donné le malin plaisir d’outrepasser les normes de souveraineté internationales, pour satisfaire leurs intérêts disproportionnés ?  

La situation actuelle d’un monde empêtré dans des opérations spéciales, les parades d’intimidations, et le caractère impétueux d’une diplomatie de l’influence qui s’exerce notamment sur les plans économiques, technologiques et militaires entre autres, témoignent clairement du fait que, les relations internationales sont une question de rapport de force, notamment entre les grandes puissances elles mêmes, mais également entre certaines de ces grandes puissances, et d’autres qui se donnent les moyens de résister le plus longtemps possibles, pour montrer à leurs ennemis et au reste du monde, qu’ils ne comptent pas se résigner à accepter n’importe quoi, parce que contrairement à ce que certains « États agresseurs » veulent faire croire, ils sont des pays indépendants, comme le stipule clairement l’article 2 de la charte des nations unies, des alinéa 1 à 4  :

1L’organisation est fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous ses Membres. 2Les membres de l’organisation, afin d’assurer à tous la jouissance des droits et avantages résultant de leur qualité de Membre, doivent remplir de bonne foi les obligations qu’ils ont assumés aux termes de la présente charte. 3Les Membres de l’organisation règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques, de telles manières que la paix et la sécurité internationale ainsi que la justice ne soit pas mise en danger. 4Les Membres de l’organisation s’abstiennent dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatibles avec les buts des nations unies.

Des principes de droit que de nombreuses puissances font le choix de ne pas tenir compte, d’une part, quand elles sont obnubilées par une soif d’extension chaotique, et d’autres part, quand elles se rendent compte que leur intérêts particuliers, de même que leur propres souverainetés sont menacées, parce que selon les informations dont elles disposent ou disposeraient, l’autre nourri des réelles intensions de leur faire du mal. D’où la résurgence des actes d’intimidations qui aboutissent à des frappes successives, qui traduisent l’hostilité des relations qui prévalent entre des États qui ont des moyens de pressions et d’intimidations qui ne se limitent pas qu’au niveau des paroles comme actions, mais se traduisent également par des offensives et controffensives.

Quand après plusieurs somations, les États-Unis par exemple, firent le choix de bombarder des sites nucléaires iraniens dans la nuit du 21 au 22 Juin 2025, en plus de l’assassinat ciblé le 28 Février 2026 de l’ancien guide suprême, c’est parce que le président américain actuel, tout comme son allié et premier ministre israélien, considéraient que la menace iranienne était imminente.

Et pour montrer qu’elle a également les moyens de ne pas se laisser faire, même si elle a été attaqué par la première puissance militaire au monde, l’Iran fit le choix de lancer des missiles vers les bases américaines situées au Moyen Orient, malgré les mises engardes des États tels que le Qatar et l’Arabie saoudite entres autres, qui ne voulaient pas que des missiles survols leur Territoires. Et il en est de même pour les actions et réactions entre L’État d’Israël et l’Iran. Chaque attaque donne droit à des contre offensives, parce que ces ennemis historiques, se sont donné les moyens de poursuivre quelque chose qui coûte très cher. C’est-à-dire, la guerre : une situation délétère qui nécessite énormément de moyens et d’alliés stratégiques, afin d’atteindre des objectifs bien ciblés.

Plus loin en Europe de l’Est, quand la Russie fit le choix d’agresser l’Ukraine, elle était motivée par sa toute-puissance militaire, croyant que les mises en garde des autres membres influents de la communauté internationale s'arrêteraient uniquement au niveau de l’énonciation d’un ensemble de sommations. C’est ainsi que croyant exercé son influence en quelque jours, et en toute quiétude, sur un Territoire inférieur au sien militairement, elle s’est retrouvée dans une situation qui l’oblige désormais à faire face à l’implication indirect des États-Unis et de tout ou presque les pays européens, qui ont fait le choix de ne pas laisser le peuple ukrainien sans moyens de se défendre, parce que c’est un État souverain et innocent, dont les frontières Territoriales ont été brigandées par une Russie qui s’est en partie caché derrière le terme stratégique « d’opération spéciale », parce qu’elle voulait que les autres grandes puissances, lui laisse s’emparer du Territoire Ukraine en quelque jours, et y mettre un dirigeant qu’elle aura elle-même choisie.

Mais malheureusement pour la belle et grande Russie du Président Poutine, les jours ont pris énormément de galons, car nous sommes aujourd’hui à plus de cinq années d’une guerre, que les États européens et les États-Unis ne veulent pas laisser la Russie remporter.

Cette situation qui caractérise le monde dans lequel nous vivons, traduit clairement le fait que le respect et la défense de la souveraineté d’un État, dépend en grande partie du soutien, et du point de vue stratégique des grandes puissances qui ont une force de frappe opérationnelle qui compte, de même que des moyens de sanctions économiques et pénaux, contrairement aux pays à revenus intermédiaires et autres pays en voies de développement, qui ne peuvent que profiter des votes organisés par l’assemblée générale des Nations Unies, pour montrer leur indignation face à ce qui se passe notamment en Ukraine.

Un vote au cours duquel plusieurs pays africains se sont abstenus, non pas parce qu’ils cautionnent ce qui s’y passe, mais parce qu’ils pensent que le fait de choisir un camp, pourrait leur créé plus de mal que de bien. En effet, malgré le fait qu’ils n’encouragent pas cette calamité qui a actuellement lieu en Europe de l’Est, ils préfèrent entretenir des relations privilégiées avec toutes les grandes puissances, par le canal d’une multilatéralité, et d’une bilatéralité qui leur permettront de ne pas compromettre la qualité de leur relations avec des États qu’ils considèrent non pas comme des amis, mais des alliés stratégiques de choix, dont la rupture des relations, pourrait avoir des conséquences énormes non uniquement sur leurs économies, mais également sur les plans militaires et technologiques entre autres, car le développement des pays africains, dépend en grande partie des aides étrangères sur tous les plans. Si en effet, hors du cadre d’un vote de tous les membres des Nations Unies, l’Afrique du Sud a eu à porter plainte contre la Russie, pour le désastre qu’elle a créé en Ukraine, c’est parce qu’elle sait qu’elle a les moyens d’évoluer sans la Russie sur tous les plans. Et même s’il ne faut pas comparer cet acte avec la réaction rwandaise sur la question des sanctions américaines qui selon Kigali, sont des mesures dissuasives ne se basant sur aucun faits justifiés, il faut tout de même dire pour le préciser que si le Rwanda ne veut pas totalement assumé sa part de responsabilité dans la guerre qui a actuellement lieu en République Démocratique du Congo, il démontre par cet acte malicieux, qu’il est disposé à jouer au jeu de la filouterie avec une grande puissance dont l’administration actuelle, ne se privera pas de changer d’avis, quand on lui proposera un contrat très bénéfique pour son pays, à la suite des pourparlers de paix satisfaisants pour cette administration en particulier.

Mais les actes du chef d’État Sud-africains d’une part, et le choix du jeu de la filouterie à la Rwandaise d’autres part, sont des actes que tous les pays d’Afrique subsaharienne ne peuvent pas se permettre, car ayant besoin de toutes les sources de financements ou d’opportunités possibles, afin de permettre un meilleur être à leur populations. En effet, l’influence des grandes puissances sur celles de moindres importances est telle que quand ces grandes puissances sont en guerres, les petites se trouvent très souvent dans l’obligation de se replier dans leur coquilles, pour ne pas payer le prix d’une opération spéciale qui ne les concerne pas, même si quand la souveraineté d’un État est menacée, c’est tous les États qui doivent se sentir concernés, et manifesté une indignation qu’une bonne majorité des pays africains préfèrent assumés, dans le cadre de l’assemblée générale des Nations Unies, parce que si certains d’entre eux font le choix de voter en faveur des sanctions contre la Russie, ils savent qu’ils auront d’autres grandes puissances de leur coter. Et le choix est encore plus stratégique pour ceux de ces États qui font le choix de l’abstention. En plus d’être sûre d’avoir le soutien des autres grandes puissances s’ils votent en faveur des sanctions, ils préfèrent montrer leur neutralité en faisant le choix de l’abstention, parce qu’il leur permet d’entretenir des « relations d’amitiés » avec tous les plus grands, en vue de préserver un ensemble d’intérêts vitaux.

Il ne faut donc pas en vouloir aux « pays pauvres » quand ils s’abstiennent de prendre position dans une guerre. Il faut plutôt s’indigner du fait qu’ils appartiennent à un système sournois garnis d’hypocrisies et d’égocentrismes qui les tient entre ses mains, parce qu’il conditionne une liberté d’action qui reste muette quand elle se rend compte que de nombreux africains sont morts sur le front en combattant contre leur volonté pour une grande puissance, qui a fait preuve de filouterie pour les mener sur son Territoire, afin de disposer de leur vie comme elle le désire. Et même si là encore, la diplomatie souple adoptée par plusieurs États africains, est la conséquence de l’influence et de l’emprise que ces grandes puissances ont sur eux, il faut précisé une fois de plus que ces réactions souples, visent à consolider des relations avec un partenaire qui peut contribuer au mieux-être des populations au niveau local, par le biais des projets rentables, et autres dons de visas et de prêts d’une extrême importance pour certains pays, pour ne pas dire tous les pays africains.

C’est dire que si certaines autres grandes puissances opposées aux actes Russes en Ukraine peuvent afficher ouvertement et en toute connaissance de cause leur indignation face à de tels actes, de même que certains acteurs de la société civile en Afrique, et autres organisations non gouvernementales interdites ou non en Russie, les pays africains et notamment certains des dirigeants de ces pays pour leur part, se réservent le droit de se prononcer en faveur des sanctions contre l’invasion de l’Ukraine, parce qu’ils appartiennent à une toute petite communauté qui ne peut pas régler un conflit ou une guerre qui oppose des superpuissances à même de trouver elles-mêmes une issue satisfaisante à ce désastre causé par la Russie en Ukraine, car quand des pays en voie de développement traversent ce que nous préférons appeler des moments de turbulences internes, les grandes puissances leur ordonnent toujours de mettre immédiatement un terme à cette situation. Un État ou une communauté de moindre importance aux yeux de ces superpuissances, n’a jamais ordonnée à une superpuissance d’arrêter ses opérations sur un espace bien précis. Et il, pour l’État ou elle pour la communauté, agit ainsi parce qu’ils ou elles sont sous l’emprise et l’influence stratégique de plusieurs superpuissances. Tout se passe comme si les supers-puissances ont uniquement des droits, et celles de moindres importances uniquement des devoirs, qui ne sont que la conséquence de l’emprise et l’influence que les grandes puissances exercent sur elles, dans un monde dirigé par ceux qui sont puissant dans tous les domaines, et en particulier les plans militaires, technologiques et économiques. Les autres ne sont que des collaborateurs de bas étages dont la stabilité dépend uniquement de ces supers-puissances qui ont les moyens de déstabiliser un État, pour y mettre un autre dirigeant qu’elles pourront manipulé comme elles veulent.

S’il faut tout de même reconnaitre que les ressortissants d’un pays sont les mieux placés pour savoir ce qu’il y a de mieux pour eux, et décidé d’agir comme ils veulent même après des menaces de certaines grandes puissances, il faut tout de même reconnaitre que dans un contexte international où certaines grandes puissances veulent amener les africains, et notamment les populations des pays les plus pauvres à mieux se diviser, afin de mieux exercer leur influence et leur emprise dans ces pays, il faut tout de même dire que c’est en demeurant unis, et en trouvant les voies et moyens de se remettre ensemble, malgré tout, que les africains arriveront à imposer leur souveraineté menacée très souvent par des grandes puissances, qui exercent sur eux une influence et une emprise totalement stratégiques.

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