Analyse/Qu'est-ce que c’est que le communautarisme ? Voila un concept complexe qui a toujours fait l’objet des recherches de nombreux socio-humanistes. Pour le philosophe, politiste et historien des idées Pierre-André Taguieff,
« Le communautarisme est surtout utilisé en langue française depuis 1980, afin de désigner avec une intention critique, toute forme d’ethnocentrisme ou de sociocentrisme, toute auto-centration de groupe, impliquant une auto-valorisation, et une tendance à la fermeture sur soi, dans un contexte culturel dit post-moderne où l’ouverture, et plus particulièrement l’ouverture à l’autre est fortement valorisée […] »
|
Si en effet dans certains contextes socio-culturels et géographiques notamment, pour ne pas dire la plupart, l’individu s’identifie ou est identifiable par son appartenance à une communauté, sans que cela n’entraine forcément un problème particulier, il faut tout de même précisé que dans tous ces contextes socio-culturels et géographiques à spécificités multiples, la création, et même l’appartenance à une communauté, sont soumises à plusieurs restrictions au nom de la laïcité. En effet, si on y est en faveur du respect des libertés fondamentales de tous les êtres humains, on ne veut surtout pas des regroupements susceptibles d’être à la base de la promotion de l’Antisémitisme, du Racisme, de l’Islamisme (à ne pas confondre avec l’Islam), du tribalisme, et du radicalisme entre autres.
Mais est-ce à dire que l’Homme ou la communauté aussi diversifiée soit-elle, n’a pas le droit de défendre ses intérêts ? Pas du tout ! En effet, le communautarisme qui est la conceptualisation savante du courant de pensée défendu entre autres par le philosophe canadien Charles Taylor, et le politologue américain Michael Sandel au début des années 1980 en réaction au libéralisme contemporain qui vise à protéger et à renforcer l'autonomie personnelle et les droits individuels, notamment par l'action de l'État, et le libertarianisme ou libéralisme classique qui vise à protéger les droits individuels, et en particulier les droits à la liberté, et à la propriété, tout en limitant strictement le pouvoir de l'État, est une philosophie sociale et politique qui met l'accent sur l'importance de la communauté dans le fonctionnement de la vie politique, dans l'analyse et l'évaluation des institutions politiques, ainsi que dans la compréhension de l'identité et du bien-être des Hommes. C’est dire que le communautarisme, tel que ces théoriciens des idées le conçoivent, vise un bien commun qui tient compte des intérêts commun de tous les membres d’une Nation, et d’un ensemble de sociétés en perpétuelles mutations. Comme pour dire que pour ce courant de pensée, le communautarisme n’est pas quelque chose de mauvais en soi.
Mais face à certaines réalités où le communautarisme est notamment lié aux actes de terrorismes et autres conflits armés et guerres, nombreux sont ces États laïques qui préfèrent être prudents, en évitant de favoriser certaines libertés pouvant aboutir à des dérives qu’il vaudrait mieux prévenir, par l’adoption ou la mise à exécution d’un ensemble de mesures fermes, sur un ensemble de Territoires où les intérêts communautaires, se doivent d’être défendus par des souverainistes, et non par des communautaristes. En effet, comme le pense Giles Delannoi, chercheur au CEVIPOF ou centre de recherche pour l’étude de la pensée politique basé en France,
« Si le nationalisme est une obsession de la nation, le communautarisme est une obsession de la communauté. »
|
Comme pour dire que c’est le caractère obsessionnel de la communauté que voudrait éviter ceux de ces États qui ne veulent pas des regroupements communautaires à tendances ethnocentristes et socio-centristes, surtout dans des contextes culturels et géographiques où le simple fait de caricaturer un Saint, peut vous exposé à une tentative d’assassinat, et même à une mort certaine. Et que dire de ces gangs ou regroupements violents établis en milieux urbains sur la base des considérations raciales et autres idéologies perverses à caractères réductionnistes ? Que dire de ces groupes qui se font la guerre pour des questions de territoires liées au trafic de stupéfiants ? Que dire de ces jeunes qui voient la société comme une jungle où des confréries de brigands, et de trafiquants de drogues, doivent s’affrontées afin d’imposer leurs autorités ? Que dire de ces Hommes qui au nom des différences qui sont pourtant des richesses, se font la guerre, parce qu’estimant que l’autre est de trop, sur un espace géographique où tout le monde à sa place, et où la diversité aussi large soit elle, est toujours un facteur enrichissant, permettant de trouver des solutions adéquates aux problèmes d’un ensemble de contextes biens spécifiques ?