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De la dangerosité d’un communautarisme calqué sous le prisme d’un repli identitaire

mluemsa Par Le 09/06/2023 à 20:11 0

Dans Souvenez-vous

Souvenez-vous

Être hospitalier c’est voir la Nation comme le but ultime d’une longue marche vers le mieux-être d’une communauté nationale que nous sommes appelés à construire de manière permanente, en mettant progressivement un terme à toutes velléités sécessionnistes, et autres regroupements communautaristes basés sur des considérations réductionnistes et auto-centristes. Image:pixabay/samueles/Décembre 2015

Analyse/Qu'est-ce que c’est que le communautarisme ? Voila un concept complexe qui a toujours fait l’objet des recherches de nombreux socio-humanistes. Pour le philosophe, politiste et historien des idées Pierre-André Taguieff,

« Le communautarisme est surtout utilisé en langue française depuis 1980, afin de désigner avec une intention critique, toute forme d’ethnocentrisme ou de sociocentrisme, toute auto-centration de groupe, impliquant une auto-valorisation, et une tendance à la fermeture sur soi, dans un contexte culturel dit post-moderne où l’ouverture, et plus particulièrement l’ouverture à l’autre est fortement valorisée […] »

Si en effet dans certains contextes socio-culturels et géographiques notamment, pour ne pas dire la plupart, l’individu s’identifie ou est identifiable par son appartenance à une communauté, sans que cela n’entraine forcément un problème particulier, il faut tout de même précisé que dans tous ces contextes socio-culturels et géographiques à spécificités multiples, la création, et même l’appartenance à une communauté, sont soumises à plusieurs restrictions au nom de la laïcité. En effet, si on y est en faveur du respect des libertés fondamentales de tous les êtres humains, on ne veut surtout pas des regroupements susceptibles d’être à la base de la promotion de l’Antisémitisme, du Racisme, de l’Islamisme (à ne pas confondre avec l’Islam), du tribalisme, et du radicalisme entre autres.  

Mais est-ce à dire que l’Homme ou la communauté aussi diversifiée soit-elle, n’a pas le droit de défendre ses intérêts ? Pas du tout ! En effet, le communautarisme qui est la conceptualisation savante du courant de pensée défendu entre autres par le philosophe canadien Charles Taylor, et le politologue américain Michael Sandel au début des années 1980 en réaction au libéralisme contemporain qui vise à protéger et à renforcer l'autonomie personnelle et les droits individuels, notamment par l'action de l'État, et le libertarianisme ou libéralisme classique qui vise à protéger les droits individuels, et en particulier les droits à la liberté, et à la propriété, tout en limitant strictement le pouvoir de l'État, est une philosophie sociale et politique qui met l'accent sur l'importance de la communauté dans le fonctionnement de la vie politique, dans l'analyse et l'évaluation des institutions politiques, ainsi que dans la compréhension de l'identité et du bien-être des Hommes. C’est dire que le communautarisme, tel que ces théoriciens des idées le conçoivent, vise un bien commun qui tient compte des intérêts commun de tous les membres d’une Nation, et d’un ensemble de sociétés en perpétuelles mutations. Comme pour dire que pour ce courant de pensée, le communautarisme n’est pas quelque chose de mauvais en soi.

Mais face à certaines réalités où le communautarisme est notamment lié aux actes de terrorismes et autres conflits armés et guerres, nombreux sont ces États laïques qui préfèrent être prudents, en évitant de favoriser certaines libertés pouvant aboutir à des dérives qu’il vaudrait mieux prévenir, par l’adoption ou la mise à exécution d’un ensemble de mesures fermes, sur un ensemble de Territoires où les intérêts communautaires, se doivent d’être défendus par des souverainistes, et non par des communautaristes. En effet, comme le pense Giles Delannoi, chercheur au CEVIPOF ou centre de recherche pour l’étude de la pensée politique basé en France,

« Si le nationalisme est une obsession de la nation, le communautarisme est une obsession de la communauté. »

Comme pour dire que c’est le caractère obsessionnel de la communauté que voudrait éviter ceux de ces États qui ne veulent pas des regroupements communautaires à tendances ethnocentristes et socio-centristes, surtout dans des contextes culturels et géographiques où le simple fait de caricaturer un Saint, peut vous exposé à une tentative d’assassinat, et même à une mort certaine. Et que dire de ces gangs ou regroupements violents établis en milieux urbains sur la base des considérations raciales et autres idéologies perverses à caractères réductionnistes ? Que dire de ces groupes qui se font la guerre pour des questions de territoires liées au trafic de stupéfiants ? Que dire de ces jeunes qui voient la société comme une jungle où des confréries de brigands, et de trafiquants de drogues, doivent s’affrontées afin d’imposer leurs autorités ? Que dire de ces Hommes qui au nom des différences qui sont pourtant des richesses, se font la guerre, parce qu’estimant que l’autre est de trop, sur un espace géographique où tout le monde à sa place, et où la diversité aussi large soit elle, est toujours un facteur enrichissant, permettant de trouver des solutions adéquates aux problèmes d’un ensemble de contextes biens spécifiques ?

En Afrique, certaines minorités ethniques, veulent constamment imposées leur volontés par la force des armes et autres actes barbares, qui traduisent concrètement les dérives des regroupement communautaristes à la base des actes tragiques et irréversibles. Image:pixabay/Joa70/Octobre 2025

Si on est par exemple pas contre l’existence ou la création des communautés musulmanes, chrétiennes, latino-américaines, et africaines entre autres, ce qu’on ne veut surtout pas, dans plusieurs contextes culturels et géographiques, c’est d’un ensemble de singularités ou de communautés qui se muent en regroupements communautaristes, au point d’être à la base des mouvements religieux, politiques et communautaires, n’ayant en leurs sein que des membres issus de la même religion, de la même ethnie, du même département, du même arrondissement, et du même village, dans des États où une cause singulière, est une cause nationale devant être défendue par des républicains aux origines multiples qui se mettent ensemble, afin d’atteindre des buts communs, grâce à un ensemble hétérogène au sein duquel la diversité ethnique, religieuse et culturelle, contribue au bien de toute une Nation, notamment en Afrique où certaines minorités ethniques, veulent constamment imposées leur volontés par la force des armes et autres actes barbares, qui traduisent concrètement les dérives des regroupement communautaristes à la base des actes tragiques et irréversibles. Si cette réalité est permanente notamment en République Démocratique du Congo où plusieurs groupes sèment la terreur pour des raisons purement égoïstes qui dénotent une réelle volonté d’auto-valorisation au détriment de la vie des membres d’autres communautés, il faut cependant dire que ce Territoire qui est actuellement le théâtre d’un conflit armé majeur, n’est pas un cas isolé sur le continent.

La même réalité est observable partout ou presque en Afrique, notamment au sein des Territoires à pluralité ethniques où l’enlisement des crises socio-politiques notamment, sont des exemples palpables de communautarismes calqués sous le prisme d’un repli identitaire exacerbé. Comme pour dire que si le communautarisme n’est pas mauvais en lui-même, il peut le devenir, notamment quand des personnes originaires d’une même région imposent des revendications par la force des armes et des actes terroristes. Dans ce cas, il ne s’agit plus d’une revendication communautaire légitime, mais de l’enlisement d’une obsession désastreuse et tragique, favorable à la multiplication des actes terroristes, et à l’expansion des mouvements du même nom, dans un ensemble de Territoires où les populations sont appelées à évoluer en harmonie malgré les multiples points de divergences, en priorisant toujours et malgré tout, les voies du dialogue sincère, et des moyens démocratiques, seuls capables de permettre l’aboutissement à des résultats satisfaisants pour toutes les parties en conflits, quand ils sont menés ou choisis sans hypocrisies ou avec une réelle volonté de conciliation ou de réconciliation, sur un ensemble de Territoires où des personnes originaires de certains Terroirs et villages, veulent toujours beaucoup plus que ce qu’elles ont déjà, au point d’être prêt à décimer des vies, et détruire des infrastructures d’une extrême importance pour y parvenir.   

The dangerousness of a communitarianism modelled under the prism of an identity withdrawal in the era of modernization in Africa

Si en effet le découpage scientifique des Territoires, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières nationales est à la base un acte calculé ou encore une action politique visant tout d’abord à sécuriser les possessions transatlantique des empires coloniaux, et permettre par après, à la suite de l’accession de plusieurs pays africains aux indépendances, une cohésion favorable non seulement à la mise en pratique des politiques de développement par le bas plus significatives à l’échelle de chaque Terroir, mais aussi la création et la prospérité des communautés régionales et sous régionales, cela ne doit cependant pas être un prétexte pour justifier des auto-centrations qui n’ont pas lieu d’être dans des États ou au sein des communautés régionales et sous régionales qui se doivent de trouver des modèles de gouvernance qui arrangent tout le monde, tout en restant Un et Indivisible, car que ce soit au cours de la période précoloniale, coloniale ou post coloniale, les africains ont toujours fait preuve d’une hospitalité sans pareil. L’Occidentalisation de l’Afrique avec notamment la propagation de la doctrine du capitalisme et la notion de propriété privée, ont éveillées chez des peuples jadis colonisés, un esprit réductionniste endormis auparavant, du fait de la simplicité de la vie qu’ils menaient, au sein d’un ensemble de périmètres géographiques où malgré l’existence des ordres hiérarchiques qui donnaient et donnent toujours droits à de nombreux avantages, la conscience d’appartenir à une seule et même communauté était plus significative malgré tout. S’il nous ai malheureusement donné d’observer le contraire aujourd’hui, dans plusieurs Territoires africains notamment où le communautarisme est à la base de plusieurs réelles volontés de ruptures qui mettent à mal la cohésion nationale pour des raisons purement égoïstes, il faut dire qu’on gagne toujours mieux en priorisant la voie d’un dialogue sincère, car notre histoire nous rappelle toujours que nous sommes un seul et même peuple à la base. D’où la nécessité de taire le bruit des armes, et choisir la voie des échanges sincères car comme le souligne Marwan Mohammed, sociologue au CNRS ou centre national de la recherche scientifique,

« Le terme communautarisme vise moins à décrire qu’à proscrire des normes et des codes de conduite au nom de l’injonction à l’assimilation, et proscrire des pratiques et des demandes publiques de la part de groupes dont les singularités sont construites comme une menace pour la cohésion sociale. »

Qui est en effet fière de voir ce que se passe actuellement au Nord Soudan ? Au Nord-Ouest et au Sud-Ouest du Cameroun ? Ou encore dans l’Est de la République Démocratique du Congo entre autres ? Des Territoires qui malgré les spécificités qui caractérisent chaque contextes, sont victimes d’une obsession qui n’aboutira jamais à quelque chose de bon, tant que les parties en conflits n’accepteront pas des médiations sérieuses, susceptibles de les amener à cohabiter paisiblement ensemble, sur des Territoires où personnes n’est de trop. De plus, même si les volontés réelles de faire sécession donnent droit à des alliés dans certains contextes particuliers comme celui du Somali land, tout est toujours une question d’intérêts stratégiques, visant à mieux contribué à diviser pour mieux régner.

L’autosuffisance alimentaire et sécuritaire du continent africain est inatteignable sans une coopération plus sérieuse, premièrement entre les africains eux-mêmes. Avec la modernisation ou la mondialisation qui impose une conjugaison des efforts, afin de résoudre les problèmes de sociétés, il est très difficile, voire même impossible, de contribuer véritablement au développement intégral, tout en étant tribalistes ou égocentristes. Un projet communautaire n’est pas uniquement une affaire d’autochtones, mais celui de tous ceux qui veulent contribuer au mieux-être d’une communauté nationale qui se situe au-dessus des replis identitaires handicapants et favorables à la survenu et la récurrence des conflits et guerres, dans des périmètres géographiques bien précis.

Les sociétés les plus avancées sur les plans économiques et technologiques sont celles qui dépassent toujours le stade de la tribu, pour épouser une cause vraiment nationale ou communautaire, car les souverainistes sont plus repliés sur leur souveraineté nationale. Image: pixabay/Xtrodinary/Juillet 2022

Les sociétés les plus avancées sur les plans économiques et technologiques sont celles qui dépassent toujours le stade de la tribu, pour épouser une cause vraiment nationale ou communautaire, car les souverainistes sont plus repliés sur leur souveraineté nationale. Tout le monde doit se sentir chez lui en Afrique, en Europe, en Asie, en Amériques, et en Océanie, tout en respectant toutes les règlementations en vigueur dans chacun des Territoires qui se situent à l’intérieur d’un de ces continents, car les lois en matière d’immigrations légales et clandestines notamment, sont des mesures misent en œuvre afin de favoriser un modèle d’intégration satisfaisant pour ceux de ces ressortissants des pays étrangers en quête d’une vie meilleure, sur un ensemble de Territoires où malgré le besoin d’une main d’œuvre étrangère, tout le monde ne peut pas y vivre légalement et décemment, à cause des flux migratoires arbitraires et inédits qui imposent de plus en plus des restrictions stricts, dans le but de mieux géré des cas spécifiques pouvant majoritairement être résorbé par la multiplication des processus de rapatriements volontaires, vers des pays d’origines qui sont également prêts à établir des consensus avec plusieurs de ces pays étrangers sur la question des immigrations légales organisées par des pays riches qui donnent l’impression que l’Afrique produit des qualifications, dans le but d’approvisionner en mains d’œuvres des pays développés, alors que l’Afrique elle-même en a besoin, mais a du mal à les retenir, notamment parce que les propositions externes sont très attractives.

La volonté d’acceptation de l’autre sans distinction de tribu et de nationalité, est un des défis majeurs à relever par tout État qui aspire à un véritable développement en Afrique notamment, car être hospitalier, c’est voir comment cohabité avec l’autre malgré les différences ou les points de vue divergents. C’est intégrer les autres dans nos projets qui ne doivent pas uniquement être une question de nombrils. C’est voir la Nation comme le but ultime d’une longue marche vers le mieux-être d’une communauté nationale que nous sommes appelés à construire de manière permanente, en mettant progressivement un terme à toutes velléités sécessionnistes, et autres regroupements communautaristes basés sur des considérations réductionnistes et auto-centristes.  

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