Patrimoine Culturel Africain : Entre Préservation et Responsabilisation d’une Génération Extravertie

mluemsa Par 0

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Si en effet chaque territoire camerounais se caractérise notamment par une diversité gastronomique qui ne se limite plus à un Terroir, étant donné que dans le cadre d’une unité nationale en perpétuelle construction, les mets d’ailleurs sont de plus en plus cuisiner par des ressortissants d’autres régions et même au-delà des frontières nationales, c’est parce que chacun des territoires d’un pays se caractérise notamment par des mets, qui au même titre que les coutumes, les rythmes musicaux et les festivals culturels internationaux entre autres, font partie d’un patrimoine culturel national à préserver. Image: Mary Lobe in Uncategorized/blog.agrifrika.com – August 2025

Analyse/Un illustre auteur-compositeur et chanteur camerounais ayant vécu entre Septembre 1947 et Novembre 1997, dit dans « Mbémb’a Mota Sawa », extrait de « The best of Volume 2 », que « si tu arraches le taro et la sauce jaune à un Homme de l’Ouest, le Nyembwè à un Makéya Gabonais, le Pondu à un Congolais, et le Kepen Ke Bazeu à un Bamois, que va tu leur donné à la place mon frère ? Toi tu as le nœud de la cravate aussi volumineux qu’une botte de chou, et moi pour avoir attaché mon pagne le jour du Ngondo, tu m’as jeté en prison, parce que tu n’es pas respectueux des valeurs mon ami. »

C’est dire comme le montre cet artiste-musicien, que l’être humain aussi bien qu’un peuple, est une coutume, une tradition, et surtout une culture qui sans un de ses multiples traits caractéristiques, perd une originalité qui fait sa particularité.

Si en effet chaque territoire camerounais se caractérise notamment par une diversité gastronomique qui ne se limite plus à un Terroir, étant donné que dans le cadre d’une unité nationale en perpétuelle construction, les mets d’ailleurs sont de plus en plus cuisiner par des ressortissants d’autres régions et même au-delà des frontières nationales, c’est parce que chacun des territoires d’un pays se caractérise notamment par des mets, qui au même titre que les coutumes, les rythmes musicaux et les festivals culturels internationaux entre autres, font partie d’un patrimoine culturel national à préserver, parce que la perpétuation de ces pratiques ancestrales éclairées et respectueuses de la vie humaine, contribuent à maintenir un lien culturel appelé à évoluer au fil du temps, sans toutefois perdre de son originalité qui est en fait, la mémoire vivante d’une histoire qui connecte les nouvelles générations à leur ancêtres.

Il y a d’ailleurs un adage très popularisée en Afrique et au Cameroun en particulier qui dit que la culture c’est ce qui nous reste quand on a tout perdu. Cet élément de langage fort évocateur et très expressif nous pousse à nous poser la question de savoir quel est ce tout que nous avons perdu, au point où il ne nous reste que notre culture ?

En nous plaçant dans un contexte de colonisation qui s’est notamment caractérisé par des pratiques dénigrantes et dévalorisantes, nous pensons qu’il s’agit de notre dignité d’être humain. Nous le disons parce que la cruauté de ce passé honteux qui fait désormais parti de la page sombre d’une histoire que nous avons en commun avec nos ex-bourreaux, s’est notamment caractérisée par un racisme qui réduisait les personnes de couleurs noires, à une sous-humanité qui s’apparentait à une animalité.  

Imaginez qu’en plus d’avoir perdu cette dignité d’être humain à la suite d’actes dévalorisants, ceux qui vous l’ont pris, cherchent également à s’emparer de tout ce qui vous reste, qui n’est autre que votre culture, votre identité, et votre originalité qui fait votre particularité. Nous ajoutons même les points de repères qui vous permettront de retrouver aisément votre chemin sur le chemin d’une vie aux influences multiples, en plus de vous permettre d’être en harmonie avec vos ancêtres, et votre environnement. Il est clair que dans une telle situation, vous serez affecté dans votre être même, parce qu’il s’agit en fait d’un ensemble d’actes méprisants, exécutés par des étrangers qui ne savent rien de votre culture, mais qui ont tout mis en œuvre, afin de vous imposer la leur qui selon eux, est plus significative, contrairement à la vôtre qu’ils estimaient barbare ou idiote.

C’est notre histoire qui donne plus de sens à nos cultures. En effet, pour améliorer la qualité de nos cultures, il faut toujours avoir en mémoire un passé qui nous lie à nos ancêtres qui eux-mêmes, sont à la base de ce que les nouvelles générations sont appelées à mieux valoriser aujourd’hui, tout en prenant soin de bannir tout ce qui s’y trouve de malsain. Harry Hamilton Jonhson COMMONS CREATIVE ATTRIBUTION Bell Town Beach

C’est une telle réalité qui a contribuée à construire dans la conscience des africains l’idée d’une sous-humanité accentuée par la mondialisation définie comme la réalité d’un monde devenu un village planétaire, où les distances entre les Territoires sont raccourcis notamment par le constant développement de la science et la technologie. En fait, si ce phénomène qui est en cours et qui ne date pas d’aujourd’hui est plus poussé actuellement, et se caractérise notamment par des mutations constantes dans les domaines de la science, la technique et la technologie notamment, c’est parce que comme avant, il est le moyen par lequel, les plus grandes puissances ont toujours eut à ’imposer leur choix au reste du monde, au point d’amener certains africains à accorder plus de considération à ce qui vient d’ailleurs. Et nous en avons les incidences dans nos systèmes éducatifs entre autres. En effet, même si à travers les multiples œuvres cinématographiques et autres ouvrages qui valorisent à travers une diversité de genre littéraire une Afrique riche culturellement nous avons les preuves d’une prise de conscience constante, qui permet de mettre plus en valeur la culture africaine, il faut dire qu’il y a encore du chemin à faire, dans un contexte de mondialisation où ce qui attire le plus vient d’ailleurs, ce qui produit beaucoup plus d’argent vient d’ailleurs, de même que les moyens techniques pour optimiser la qualité des œuvres.

Nous ne faisons pas ces précisions pour dire qu’il faille rompre avec ce qui vient d’ailleurs, afin de se contenter uniquement de ce qui est fait ou produit en Afrique. Nous faisons ces précisions pour dire que si en toute chose il y a des modèles de références, il faut s’en inspirer pour optimiser la qualité de ce qui fait notre particularité, parce que les jeunes en particulier, face au développement constant de la technologie, ont la mauvaise tendance de croire que c’est uniquement ce qui vient d’ailleurs qui est bien, alors que l’Afrique a un très grand potentiel qu’il faut davantage mettre en valeur, notamment à travers un ensemble d’actes qui contribuent à amener les africains et les camerounais en particulier à aimer davantage leur culture, et notamment leur histoire car c’est notre histoire qui donne plus de sens à nos culture. En effet, pour améliorer la qualité de nos cultures, il faut toujours avoir en mémoire un passé qui nous lie à nos ancêtres qui eux-mêmes, sont à la base de ce que les nouvelles générations sont appelées à mieux valoriser aujourd’hui, tout en prenant soin de bannir tout ce qui s’y trouve de malsain. Et c’est dans cette optique que certains enseignants d’histoire pour ne pas dire la plupart, ne cessent de militer afin qu’il y ait un livre d’histoire qui parle uniquement du Cameroun. Non pas pour dire que l’enseignement de ce qui s’est passé hors du pays ou du continent soit mauvais, mais afin de mieux mettre en valeur l’histoire des peuples africains et camerounais en particulier, car si nous sommes fières qu’il y ait des africains spécialistes de Karl Marx, de Hegel, de Shakespeare, d’Aristote, et de Victor Hugo entre autres, nous sommes encore plus fières qu’il y ait des spécialistes de la sorcellerie, la Sorciologie, de la négritude post coloniale, du Vaudu, des Sociétés Secrètes des peuples Camerounais, des systèmes d’agroforesteries propres aux africains, et du patrimoine africain et camerounais entre autres, parce que la culture d’un pays est une mémoire qui ne meurt jamais, quand elle est perpétuée et valorisée par des générations successives qui ont un devoir de mémoire envers celles qui les ont précédées. D’où la réappropriation progressive de plusieurs des composantes essentielles des patrimoines locaux dérobés au cours de la colonisation par des européens qui en vivant en Afrique, et en côtoyant les africains, se sont rendus compte sans toutefois l’admettre, que certains objets culturels africains sont non seulement d’une extrême valeur, mais aussi des outils de communications stratégiques en périodes de conflits.

La culture d’un pays est une mémoire qui ne meurt jamais, quand elle est perpétuée et valorisée par des générations successives qui ont un devoir de mémoire envers celles qui les ont précédées. Image:copyright Unesco Fevrier 2026

Nous avons assisté récemment à la restitution du GIGI AYOKWE. Un objet d’appel à la résistance qui a été réquisitionné par l’armée coloniale française qui ne l’a pas pris pour sa beauté ou pour la qualité des sons qu’il émettait, mais parce qu’ils se sont rendu compte que c’était un moyen de défense stratégique. Et c’est une des particularités de cultures africaines. Au Cameroun en particulier, nombreux sont ces peuples ou communautés au sein desquels, la communication à travers des tamtams, tambours, et autres instruments de musiques traditionnels est fréquente. Si en effet le langage musical est universel, et peut être appris par tous ceux qui veulent se donner la peine de le comprendre, le lire, et l’écrire comme il se doit, il faut dire que les africains qui ont eux-mêmes leurs manières particulières de communiquer, notamment à travers des instruments de musiques traditionnels, utilisent également ce langage universel pour mieux valoriser leur cultures locales qui sont des projets de plus en plus soutenus financièrement et techniquement par des ex-puissances coloniales. Si avant en effet, dans un souci d’extension des empires coloniaux, il fallait mettre tout en œuvre pour bannir des cultures jugées barbares et idiotes, aujourd’hui avec beaucoup de recul, les ex-puissances coloniales ont compris que pour mieux valoriser leur propres cultures, elles se doivent de soutenir la valorisation des cultures locales que les nouvelles générations ont le devoir de s’approprier, et surtout se réapproprier, car avec le développement constant de la technologie, il est de plus en plus facile d’être plus européen qu’africain sans avoir été une fois en Europe, américain qu’africain sans avoir été une fois aux État Unis, et plus Chinois qu’africain entre autres, car l’un des principaux éléments essentiels de la valorisation d’une culture à l’extérieur c’est la langue. D’où l’importance de l’apprentissage des langues vernaculaires.

Et même si tous les africains ou ceux qui se reconnaissent comme tel ne les parlent pas, en plus du fait que beaucoup de ces langues aient disparues ou sont pour certaines en voie de disparitions, parce que selon les spécialistes le nombre de personnes qui les parlent ne fait que s’amenuiser, il faut dire que les nouvelles générations ont le devoir de contribuer à leur manière, à une meilleure valorisation de ces langues, afin que de plus en plus de jeunes s’y intéressent, parce qu’il faut dire que la colonisation et la mondialisation notamment, ont en partie contribuées à la disparition de nombreuses langues africaines, en plus d’avoir contribuées à faire en sorte que les africains s’intéressent de moins en moins à leur cultures, et leurs histoires qu’ils se doivent de chercher à se réapproprier et rapatrier, car s’il n’y a rien de mal au fait de parler allemand, espagnol, portugais, chinois, anglais et français entre autres, il est tout aussi important de préserver ce qui fait notre particularité, même s’il faut reconnaitre que pour mieux communiquer avec le reste du monde, et être en communion avec les autres civilisations qui sont tout aussi d’une très grande importance dans un contexte de relations internationales, il faut parler ces langues, en plus d’apprendre à mieux connaitre ces autres cultures, même s’il faut reconnaitre qu’à cause d’elles, plusieurs africains aujourd’hui, ont de plus en plus tendance à se prendre pour ce qu’ils et elles ne sont pas, dans un contexte de mondialisation où les plus grandes puissances exercent toujours une influence économique, technologique, et notamment culturelle, sur les pays en voie de développement. En effet, si chaque Territoire apporte quelque chose dans un contexte de mondialisation, ceux qui apportent les moyens techniques et financiers notamment, sont ceux qui ont toujours le dessus sur les autres, au point d’être à la base du choix de nombreux jeunes africains de copier des habitudes externes, qui donnent l’impression que les africains sont plus attirés par ce qui vient d’ailleurs.

Et même si nous voulons que ce soit seulement une impression, les guerres, conflits armées, en plus de la pauvreté, la corruption, la mal gouvernance, et la précarité du chômage entre autres, balaient d’un revers de la main cette impression, pour laisser place à la réalité d’une extraversion qui est la conséquence de plusieurs facteurs économiques, socio-politiques, culturelles, environnementaux, et surtout technologiques.

Les internationalistes ont pour habitude de dire qu’en relations internationales, celui qui n’apporte rien n’a rien. Comme pour dire que les relations internationales n’ont rien à voir avec la charité. En effet, même les actes de bienfaisances vises toujours l’atteinte de plusieurs objectifs géopolitiques et géostratégiques, qui contribuent d’avantage à entretenir le rêve d’un ailleurs chevaleresque et prodigieux, au point où nombreux sont ceux qui se posent souvent la question de savoir s’il n’y a pas également des références africaines dans tous les domaines, il faut dire que même si il y en a, nombreux sont ces africains qui ont toujours un plus grand penchant pour ce qui vient d’un ailleurs très attractif qui ne cesse d’attirer des foules vers des Territoires aujourd’hui débordés par les vagues d’immigrations illégales devenues insupportables, et qui sont d’une manière ou d’une autre, l’une des conséquences de cette extraversion qui amène notamment plusieurs africains de la diaspora ou non, à mettre sur pieds de manière formelle, des écoles professionnelles et professionalisantes en Afrique, en plus de créer des entreprises ou opportunités d’emplois qui ne suffisent pas, notamment parce que les populations sont de plus en plus tentées d’aller se chercher ou se réalisé ailleurs, au point où face à ce choc culturel inévitable dans un contexte de mondialisation qui se caractérise notamment par la forte attractivité des opportunités extérieures, les africains doivent davantage mettre tout en œuvre pour préserver leurs acquis, et amener davantage les populations jeunes en particulier, à être davantage conscientes de leur rôle dans la préservation et la valorisation d’un patrimoine culturel d’une extrême importance pour leur peuples, et leur pays dont les dirigeants se doivent de continuer à travailler avec leur partenaires internationaux, afin que ce qui a été pris indument aux peuples africains soit restitué car l’une des meilleures manières d’honorer la mémoire des ancêtres, est de prendre des résolutions qui guérissent les blessures du passé, et garantissent des relations fraternelles, respectueuses de la dignité de chaque être humain.

Et s’il est bon de réclamer le retour de ce qui nous appartient, il est encore mieux d’optimiser les mesures visant à inciter la jeunesse à s’approprier d’avantage ce que ses ainés ont pris le soin de préserver et de rapatrier, afin qu’elle s’en approprie ou s’en réapproprie, dans un contexte de mondialisation où les cultures voyagent et s’entremêlent plus vite par le moyen des nouvelles techniques de l’information et de la communication.

Avec le développement constant de la technologie, il est de plus en plus facile d’être plus européen qu’africain sans avoir été une fois en Europe, américain qu’africain sans avoir été une fois aux État Unis, et plus Chinois qu’africain entre autres Image: pixabay/tungnguyen0905/Avril 2022

Les jeunes africains ont donc des acquis à préserver et à valoriser davantage, malgré les multiples influences qui loin de les éloigner de ce qu’ils sont en réalité, devraient plutôt les amené à vivre en harmonie avec les autres ou les autres cultures, tout en préservant leurs acquis car la culture est une somme de croyances et pratiques historiques qui font la particularité de chaque peuples, et qui se doit toujours d’être transmise de générations en générations, afin que sa mémoire ne disparaisse ou ne se perde au fil du temps, surtout dans un contexte où le foisonnement des échanges favorisé par la mondialisation, exerce un pouvoir d’attractivité sur les civilisations moins avancées sur les plans économiques, technologiques et scientifiques. En effet, à cause de la mondialisation ou des nouvelles variantes de ce processus constant de modernisation, les populations africaines en particulier, sont tentées d’embrasser des valeurs qui vont à l’encontre de leur identités culturelles au nom d’une modernisation qui a laissé les dogmes culturels à la merci d’un libertarisme qui amène de nombreux jeunes à accorder moins d’importance aux traditions Africaines et notamment leurs cultures. D’où l’importance des démarches entreprises dans le but de rapatrier une partie du patrimoine culturel africain, car au-delà d’une restitution ou de ces actes hautement symboliques, il faudrait aussi y voir un moyen pour les leaders Africains d’amener leur jeunesse à s’intéresser encore plus à leur histoire et leur cultures en particulier, question de toujours gardé en mémoire qui ils et elles sont, quel que soit le pays ou le continent où ils sont appelés à se réaliser. Il serait également mieux de revoir les programmes d’histoires dans les écoles africaines car il y a plusieurs pants de leur histoires que les africains ne connaissent pas. Et quand on sait que l’histoire est pour la culture ce que l’âme est pour le corps, on comprend la nécessité non seulement de préserver les acquis, mais faire encore des efforts supplémentaires, afin que les jeunes accordent un plus grand intérêt à l’histoire de leur pays, et de leurs peuples, tout comme aux cultures qui sont le fruit des traditions ayant traversées le temps, et qui font la particularité de chaque peuple. En effet, avant d’être un citoyen, l’Homme est d’abord une culture appelée à servir une Nation. Le passé n’est donc pas seulement un ensemble de faits antérieurs qui font de nous ce que nous sommes. C’est aussi et surtout un ensemble d’actes présent pouvant outrager le passé et l’obligé à manifester son mécontentement à l’égard d’une génération qui ne l’honore pas. D’où la nécessité de préférer les valeurs traditionnelles africaines à toutes autres, non pas dans le sens de les exclure ou de les condamner, mais dans un souci de demeurer qui nous sommes malgré tout ; c’est-à-dire, une histoire, un peuple, une tradition, et une culture qui se doit d’être préservé et dépouillé de toutes formes de mauvaises ondes, car elle est la racine mère qui nous permet de garder en mémoire qui nous sommes, tout en nous rappelant ce que nous ne sommes pas, dans un contexte de mondialisation aux effets très attractifs.   

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